Un Gardois en mission contre Ebola
Le Bagnolais Clément Besse-Desmoulières, 31 ans, est logisticien pour Médecins sans Frontières (MSF) au Liberia. Après trois semaines passées dans sa famille, le temps d'incubation du virus Ebola, il repartira dans l'une des zones les plus touchées d'Afrique. Sous les bombes, les déluges et les menaces de graves épidémies.
Un engagement hors du commun
Avec sa barbe généreuse et ses cheveux longs, Clément Besse-Desmoulières a le look d'un backstage, mais il est surtout un "GO" de l'humanitaire pour MSF. Depuis 2012, après une "grosse sélection et des formations poussées", il travaille comme salarié en contrat d'urgence, mobilisable en 24 heures partout dans le monde. Logisticien, ou "Log" dans le jargon, il coordonne plus de 50 personnes et gère l'eau, l'électricité, l'hygiène et les transports pour rendre une zone de conflit praticable et secourable.
Une lutte acharnée contre Ebola
Au Liberia, Clément a participé à un projet de distribution massive de traitements antipaludiques auprès de 98 000 familles (560 000 personnes) dans les bidonvilles de Monrovia. L'objectif était d'éliminer les cas de malaria pour éviter toute confusion avec Ebola, car les deux maladies présentent des symptômes similaires : fièvre, faiblesse, diarrhées et vomissements.
Les protocoles sont draconiens : "Entre nous, on plaisante : 'Si tu ne sais pas quoi faire, lave-toi les mains'. Sans rire, c'est ce qu'on fait cinquante fois par jour, comme la prise de température. On s'interdit de porter les mains au visage, encore moins les doigts dans la bouche. Pas une seule poignée de main n'est autorisée. Dans les files d'attente ou dans une pièce étroite, personne ne doit entrer en contact avec quelqu'un d'autre : la maladie, très contagieuse, se transmet via les fluides corporels."
Un métier enrichissant malgré les difficultés
Clément vit entre deux avions, passant de catastrophes en guerres. "Je change perpétuellement de contexte. C'est très fatiguant et, pour construire une vie, ce n'est pas évident. Mais chaque mission donne un sens à ma vie. Et puis je fais de très belles rencontres." Il ajoute : "Après un premier contact rude, parfois violent, qui sert dans ce pays à jauger son vis-à-vis, les relations deviennent vite amicales et très fortes. C'est un métier très enrichissant."
Son chef de mission, Sassou Madi, dit de lui qu'il est "très motivé et doué pour ce qu'il fait et pour comprendre la société africaine et ses enjeux".



