L'amnésie dissociative se manifeste par une perte soudaine et massive de la mémoire, souvent après un événement traumatique. Ce trouble, encore méconnu, peut entraîner une désorientation complète chez la personne qui en est victime.
Un mécanisme de défense du cerveau
Selon les psychiatres, cette amnésie est un mécanisme de défense du cerveau face à un choc émotionnel intense. La mémoire est alors « verrouillée » pour protéger l'individu de la souffrance. Les souvenirs ne sont pas effacés, mais inaccessibles temporairement.
Les causes sont multiples : violences, accidents, catastrophes naturelles, ou encore agressions. Le cerveau, submergé, choisit de bloquer l'accès à certains souvenirs pour assurer la survie psychique.
Des symptômes spectaculaires
Les symptômes sont spectaculaires : la personne peut oublier son identité, son passé, parfois même jusqu'à son nom. Elle peut errer sans but, ne reconnaissant ni ses proches ni son environnement. Dans les cas les plus graves, une fugue dissociative peut se produire, où la personne voyage loin de chez elle.
Le diagnostic est souvent difficile, car il faut exclure toute cause organique (tumeur, AVC, etc.). Les médecins s'appuient sur des examens neurologiques et des entretiens approfondis.
Une prise en charge thérapeutique
La prise en charge repose sur la psychothérapie, notamment les thérapies cognitivo-comportementales et l'hypnose. L'objectif est de restaurer progressivement l'accès aux souvenirs, dans un cadre sécurisé. Selon le Dr Éric Binet, psychiatre, « la mémoire revient souvent par fragments, il faut accompagner le patient avec patience ».
Le pronostic est généralement bon si la prise en charge est précoce. La durée de l'amnésie varie de quelques heures à plusieurs semaines. Dans certains cas, des séquelles persistent, mais une vie normale reste possible.
Cette pathologie reste encore sous-diagnostiquée, faute de connaissance du grand public. Une meilleure information permettrait une détection plus rapide et une prise en charge plus efficace.



