Alzheimer : Marie, aidante, raconte son quotidien avec Gérard
Alzheimer : Marie, aidante, raconte son quotidien

« C'est un marathon, mais ce n'est pas une course de vitesse. » Depuis le diagnostic posé en 2021, Marie avance un jour après l'autre aux côtés de Gérard, son mari, atteint de la maladie d'Alzheimer. Une maladie qui impose à l'entourage de vivre avec une équation pour le moins inconfortable : trouver un équilibre tout en sachant qu'il ne durera jamais très longtemps. « Quand vous avez l'impression d'avoir trouvé un équilibre, vous êtes déjà à nouveau en déséquilibre », résume-t-elle.

Réinventer le quotidien face à la maladie

Face à cette instabilité, la volonté de tout prendre en charge se heurte rapidement aux limites physiques. À mesure que les besoins de Gérard augmentent, Marie doit se résoudre à structurer l'aide : réduire son temps de travail, accepter l'intervention de soignants à domicile et faire appel à un accueil de jour. Une démarche avant tout pragmatique, loin de l'idée que l'on se fait du repos de l'aidant. « Ce n'est pas un temps de répit, c'est pour que je puisse aller travailler », précise-t-elle. Car pour continuer à accompagner l'autre dans la durée sans s'épuiser, la priorité est aussi de préserver sa propre énergie.

Développer un nouveau langage pour communiquer

Aujourd'hui, la maladie a atteint un stade sévère et les mots se font de plus en plus rares. Mais cela ne signifie pas que Gérard et Marie ne communiquent plus. Il faut simplement apprendre à regarder autrement. « La communication passe par d'autres canaux, on devient un observateur pour garder ce lien », explique Marie dans un sourire.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un regard, un geste, une expression du visage peuvent désormais en dire autant qu'une phrase. Marie apprend à les repérer, à les interpréter et à s'adapter à ce que Gérard essaie de lui faire comprendre. C'est une autre manière d'être avec lui, qui demande une attention constante.

Continuer à faire couple malgré la séparation

Gérard a toujours eu à cœur de rester utile malgré la maladie. Pendant trois ans, il a été suivi dans le cadre du documentaire « Ce qui demeure », une expérience qui lui permettait de témoigner de leur quotidien et de s'inscrire dans un projet commun. Mais la maladie a continué sa progression, jusqu'à ce que l'accompagnement à domicile atteigne ses limites. Gérard vit désormais dans un centre de soin adapté.

Pour Marie, cela ne signifie pas pour autant arrêter d'accompagner son mari : « On va vivre dans deux endroits différents, mais ça ne nous empêche pas de continuer. L'important est de continuer à vivre, à accompagner et à rester en lien avec cette personne qu'on aime. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale