Yoann Brossard, secrétaire général de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), animera une conférence à Montpellier ce samedi 6 juin. « Cela fait quatre ans qu’on attend cette loi ! » Maintes fois repoussée, la proposition de loi visant à créer un droit à l’aide à mourir n’a jamais été aussi proche de voir le jour. Rencontre avec Yoann Brossard, qui milite pour que cette loi voie le jour.
Où en est-on du calendrier ?
Députés et sénateurs n’ayant pu se mettre d’accord sur un texte, on repart pour une troisième navette entre l’Assemblée Nationale et le Sénat. Le vote définitif pourrait avoir lieu autour du 15 juillet. La promulgation interviendra quinze jours après, pour une mise en application fin 2026 ou début 2027. Le texte devrait être très similaire à celui qui avait été voté en deuxième lecture.
Y a-t-il des points qui ne vous satisfont pas ?
À propos du libre choix qu’on demandait, ce sera par défaut un suicide assisté. En effet, les personnes devront elles-mêmes faire le geste. Sauf si elles en sont incapables physiquement, auquel cas cette responsabilité reviendra à un soignant. L’autre regret, c’est la non-prise en compte des directives anticipées. Cette loi sera imparfaite au moment de son vote, mais elle évoluera au gré des avancées de la société et de la médecine. Il faut voir le verre à moitié plein. C’est un peu comme la loi Veil sur l’avortement (1975), où le remboursement par la Sécurité sociale avait été écarté avant d’être adopté en 1982.
« Ne pas mourir dans d’atroces souffrances »
Cette loi sera-t-elle utile à ceux qui en ont besoin ? Oui, elle répondra aux besoins d’une immense majorité de cas qui remontent jusqu’à nous. Elle permettra aux personnes ayant des maladies graves et incurables, en phase terminale, de ne pas mourir dans d’atroces souffrances. Car ce n’est pas l’aide à mourir qui tue, mais bien la maladie !
Pourquoi cette loi est-elle aussi importante ?
Parce qu’elle permettra de protéger les plus faibles. Actuellement, les malades qui se rendent à l’étranger pour bénéficier de l’aide à mourir sont ceux qui en ont les moyens. Il y a une inégalité fondamentale à laquelle il faut mettre fin.
Quelle est la situation en Belgique ?
En Belgique, où cette loi existe depuis vingt-cinq ans, trois cas sur quatre concernent des personnes ayant un cancer. Mais ce qui est intéressant, c’est qu’une majorité de malades qui obtiennent l’accord du corps médical pour bénéficier de l’aide à mourir n’y ont pas recours ! Pour elles, ce qui est important, c’est de savoir qu’elles pourront utiliser ce droit si besoin. Ça les rassure. Le plus important pour elles, c’est d’être écoutées et accompagnées.
Le samedi 6 juin, de 15 h à 17 h, le secrétaire général de l’ADMD, Yoann Brossard animera une conférence au Salon du Belvédère, au Corum. Entrée libre et gratuite.



