Aide de 20 000 € pour les dernières pharmacies de village : un accord conventionnel signé
20 000 € d'aide pour les dernières pharmacies de village

Un accord conventionnel pour sauver les dernières pharmacies de village

Un nouvel accord conventionnel vient d'être signé entre l'assurance maladie et les syndicats de pharmaciens FSPF et USPO. Il prévoit une aide financière annuelle pouvant atteindre 20 000 euros pour maintenir l'activité des officines isolées situées dans des zones sous-denses. Cette mesure vise spécifiquement à soutenir environ un millier de petites pharmacies qui sont les dernières à exercer dans leur commune, un enjeu crucial pour la préservation du maillage territorial de santé.

Des critères d'éligibilité précis pour bénéficier du soutien

Pour pouvoir prétendre à cette aide substantielle, les pharmacies doivent remplir plusieurs conditions strictes. Philippe Besset, le président du syndicat de pharmaciens FSPF, a résumé les exigences : « Être la dernière pharmacie du village, faire moins d'un million d'euros de chiffre d'affaires, ne pas avoir été auteur de fraude et être située dans un territoire sous-dense en médecins ». Ces territoires correspondent aux fameuses ZIP (zones d'intervention prioritaire) et ZAC (zones d'action complémentaire), déterminées par les agences régionales de santé.

Ces zones couvrent la plus grande partie du territoire français, à l'exception des grandes villes et de leurs alentours immédiats, ainsi que certaines zones littorales ou alpines spécifiques. Un dispositif similaire existait déjà auparavant, mais il n'avait bénéficié qu'à 149 pharmacies seulement, en raison de critères de zonage initialement trop restrictifs. Ces critères ont heureusement été assouplis dans le cadre du budget de la Sécurité sociale pour 2026, permettant une extension significative du champ d'application.

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Une réponse d'urgence face à une situation critique

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, s'est félicitée de cet accord sur le réseau social X, le qualifiant de « avancée majeure dans la préservation de notre réseau de pharmacies », qu'elle présente comme l'une de ses priorités absolues. Elle a souligné que « grâce au dialogue conventionnel, nous avançons » dans la protection de ces établissements essentiels à la vie rurale.

Cependant, Philippe Besset tempère cet enthousiasme en rappelant que le nouvel accord ne constitue qu'une mesure d'urgence face à une réalité alarmante : « des pharmacies qui ferment tous les jours dans les villages ». Il insiste sur la nécessité d'une réflexion plus profonde : « Il faut qu'on revoie le modèle économique général de la pharmacie française », un chantier qu'il qualifie de « grand » et qui devra être abordé à moyen terme.

Vers un renforcement des missions des pharmaciens

L'assurance maladie a précisé que l'accord prévoyait également, « à court terme », de nouvelles négociations conventionnelles portant sur l'extension des missions des pharmaciens. Cette évolution vise notamment à renforcer leur rôle dans le triage des patients pour des situations cliniques simples mais fréquentes.

Les pharmaciens pourraient ainsi être amenés à prendre en charge de manière plus proactive :

  • La douleur pharyngée
  • Les plaies simples
  • La douleur mictionnelle
  • La conjonctivite
  • Les brûlures au premier degré
  • Les piqûres de tique

Ce renforcement des compétences est déjà en phase d'expérimentation dans plusieurs régions françaises, notamment en Bretagne, dans les Pays de la Loire, en Occitanie et en Corse. Ces initiatives pilotes pourraient préfigurer une généralisation à l'ensemble du territoire, contribuant ainsi à désengorger les services d'urgence et à améliorer l'accès aux soins de premier recours dans les zones les plus fragiles.

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Cet accord conventionnel représente donc une étape importante, mais insuffisante selon les professionnels, dans la lutte contre la désertification médicale et pharmaceutique qui touche de nombreuses communes rurales françaises. Il s'inscrit dans une stratégie plus globale visant à adapter le modèle économique des officines aux réalités territoriales tout en élargissant leur champ d'action pour répondre aux besoins de santé des populations isolées.