Une estimation alarmante
Près de 19 millions d'enfants aux États-Unis, soit environ un enfant sur quatre, vivent avec au moins un parent souffrant d'un trouble lié à l'usage de substances psychoactives, selon une nouvelle étude publiée dans la revue JAMA Pediatrics. Ce chiffre, basé sur les données de la National Survey on Drug Use and Health de 2023, marque une augmentation significative par rapport aux estimations précédentes.
Qu'est-ce qu'un trouble lié à l'usage de substances ?
Le trouble lié à l'usage de substances est une pathologie psychiatrique caractérisée par une consommation fréquente et excessive d'alcool, de cannabis, d'opioïdes ou de drogues illicites. Il se manifeste par des comportements à risque ou conflictuels et altère la capacité des parents à être attentifs et bienveillants. Leurs enfants sont alors plus exposés à la violence, à des difficultés scolaires et à une initiation précoce aux substances.
Conséquences pour les enfants
Ces enfants courent un risque accru de développer eux-mêmes des addictions ou des problèmes de santé mentale tels que l'anxiété, la dépression ou des troubles du comportement. Ils sont également plus souvent pris en charge par le système de protection de l'enfance. L'étude révèle que 3,5 millions d'enfants vivent avec un parent souffrant de multiples addictions.
Une augmentation liée à des critères élargis
L'écart avec l'estimation précédente de 8,7 millions d'enfants (2009-2014) s'explique en partie par l'élargissement des critères diagnostiques entre 2014 et 2023, entraînant une hausse de 80 % du nombre d'enfants concernés. Cependant, depuis 2020, on observe une réelle augmentation du nombre de parents touchés, ajoutant 2 millions d'enfants supplémentaires.
Nécessité d'un dépistage systématique
L'auteur de l'étude, Ty Schepis, professeur de psychologie à l'Université d'État du Texas, plaide pour un dépistage systématique des parents lors des consultations pédiatriques. Actuellement, l'US Preventive Services Task Force ne recommande pas encore ce dépistage, malgré son potentiel à orienter les familles vers des traitements adaptés et à prévenir les problèmes graves. Des financements fédéraux, étatiques et locaux sont nécessaires pour mettre en œuvre ces mesures.
Schepis avertit que négliger cette question entraînera des coûts élevés à long terme, les enfants exposés devenant des adultes confrontés à leurs propres addictions et problèmes de santé mentale.



