Ce samedi 1er juillet, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) a procédé à l'ordination de trois évêques dans son séminaire d'Écône, en Suisse. Cette cérémonie, présidée par Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité, constitue un défi direct à l'autorité du pape François et du Vatican, qui avaient expressément interdit ces ordinations.
Une décision lourde de conséquences
Les trois nouveaux évêques sont les abbés Davide Pagliarani, Alfonso de Galarreta et Bernard Tissier de Mallerais. Le Vatican avait averti que toute ordination épiscopale sans mandat pontifical serait considérée comme un acte schismatique, entraînant l'excommunication automatique des ordonnateurs et des ordonnés. Malgré cela, la FSSPX a maintenu son programme, arguant de la nécessité de préserver la tradition catholique face à ce qu'elle perçoit comme une dérive moderniste de l'Église.
Selon un communiqué de la Fraternité, les ordinations ont eu lieu en présence de plusieurs milliers de fidèles, venus du monde entier. Mgr Fellay a justifié cette décision en affirmant que « la crise dans l'Église est telle qu'il est de notre devoir de pourvoir à la continuité de la tradition ». Le Vatican, par la voix de son porte-parole, a déploré « un acte grave de désobéissance qui rend plus difficile la réconciliation ».
Un schisme consommé ?
Les relations entre la FSSPX et le Saint-Siège sont tendues depuis la fondation de la Fraternité en 1970 par Mgr Marcel Lefebvre. Les tentatives de rapprochement sous les pontificats de Benoît XVI et de François n'ont pas abouti. Les ordinations d'Écône rappellent celles de 1988, qui avaient déjà conduit à l'excommunication de Mgr Lefebvre et de quatre évêques ordonnés. Cette fois, le geste semble encore plus radical, car il intervient après des années de discussions.
Les experts estiment que cette décision pourrait entraîner une scission définitive au sein de l'Église catholique. « La FSSPX a franchi un point de non-retour », analyse le théologien Jean-Michel Dumont. « En ordonnant des évêques sans l'accord de Rome, elle se place de facto hors de la communion ecclésiale. »
Réactions contrastées
Du côté des fidèles traditionalistes, l'enthousiasme est de mise. Nombre d'entre eux voient dans ces ordinations un signe de résistance face à un pape qu'ils jugent trop progressiste. En revanche, au sein de l'épiscopat français et international, la condamnation est quasi unanime. L'archevêque de Paris a qualifié l'acte de « triste et inutile », appelant à la prière pour l'unité de l'Église.
Le pape François n'a pas encore réagi officiellement, mais les observateurs s'attendent à une excommunication rapide des six personnes impliquées. Le Vatican a déjà annoncé que les ordinations étaient « illicites et invalides » du point de vue canonique.
Quel avenir pour la Fraternité ?
La FSSPX compte environ 600 prêtres et 200 séminaristes dans le monde. Elle dispose de plusieurs séminaires et de nombreuses chapelles. Avec ces trois nouveaux évêques, elle renforce sa structure hiérarchique, ce qui pourrait lui permettre de se développer de manière indépendante. Cependant, cette autonomie se paie au prix d'une rupture avec Rome, qui pourrait priver la Fraternité de toute reconnaissance canonique.
Certains analystes estiment que la FSSPX pourrait tenter de se rapprocher d'autres groupes traditionalistes, comme la Fraternité Saint-Pierre (FSSP), qui est en pleine communion avec Rome. Mais pour l'instant, la voie choisie est celle de l'affrontement.



