Protection de l’enfance : le projet de loi élargi après l’affaire Lyhanna
Protection enfance : loi élargie après l’affaire Lyhanna

Le gouvernement a annoncé l’élargissement de son projet de loi sur la protection de l’enfance, examiné à l’Assemblée nationale à partir du 8 juillet, après le décès de la petite Lyhanna, 2 ans, battue à mort par son beau-père en mai dernier. Le texte doit désormais renforcer le repérage des enfants en danger et mieux protéger les victimes de violences intrafamiliales.

Des mesures concrètes pour éviter les drames

Parmi les nouvelles dispositions, le projet de loi prévoit la systématisation d’un entretien médical pour tout enfant de moins de 2 ans lors d’une consultation aux urgences ou chez le médecin traitant, afin de détecter d’éventuels signes de maltraitance. Cette mesure fait suite à la constatation que Lyhanna avait été emmenée aux urgences quelques jours avant sa mort sans que les soignants ne signalent les violences.

Le texte prévoit également la création d’un fichier national des informations préoccupantes, qui permettra de suivre les signalements d’enfants en danger sur l’ensemble du territoire. Selon le ministère des Solidarités, ce fichier devrait être opérationnel d’ici 2025 et centralisera les données des 101 départements français.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un cadre renforcé pour les assistantes familiales

Le projet de loi modifie aussi le statut des assistants familiaux, qui accueillent des enfants placés. Il leur garantit un droit à la formation continue et un meilleur accompagnement, notamment psychologique. Cette réforme répond à une demande des associations, qui dénonçaient un manque de soutien pour ces professionnels exposés à des situations traumatisantes.

Le gouvernement a également annoncé le doublement des crédits alloués à la protection de l’enfance sur la période 2023-2027, passant de 100 à 200 millions d’euros par an. Cette enveloppe doit financer la création de 1 500 nouvelles places d’accueil d’urgence et le recrutement de 500 éducateurs supplémentaires.

Une opposition qui réclame davantage

Si les associations saluent ces avancées, elles jugent le projet de loi encore insuffisant. « Il manque une véritable stratégie nationale de prévention, avec des moyens humains et financiers à la hauteur des besoins », a déclaré la présidente de l’association L’Enfant Bleu, qui accompagne les victimes de maltraitance. Le gouvernement, de son côté, assure que ce texte est « une étape importante » et promet une évaluation annuelle des dispositifs.

L’affaire Lyhanna a provoqué une onde de choc dans l’opinion publique et relancé le débat sur la protection de l’enfance en France. Selon les chiffres officiels, 160 000 enfants sont suivis par l’Aide sociale à l’enfance, et 50 000 font l’objet d’une information préoccupante chaque année.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale