FIV : abandon en plein parcours, rêves de famille brisés
FIV : abandon en plein parcours, rêves de famille brisés

« Lui pourrait partir comme l'autre est parti, au beau milieu du parcours, les plantant, elle et leurs rêves de vie de famille. » Cette phrase, tirée d'un témoignage poignant publié par Le Monde, résume la détresse d'une femme dont le compagnon a abandonné la procédure de fécondation in vitro (FIV) en plein milieu du traitement.

Un abandon brutal en cours de traitement

La femme, dont l'identité n'est pas révélée, raconte avoir entamé une FIV avec son partenaire après des années de tentatives infructueuses pour avoir un enfant. Le parcours, long et éprouvant, implique des injections hormonales quotidiennes, des prises de sang régulières et des échographies. Le couple avait déjà investi plusieurs milliers d'euros dans la procédure.

« Un jour, il m'a dit qu'il ne pouvait plus continuer, qu'il ne se sentait pas prêt à être père », confie-t-elle. « Il est parti, me laissant avec les médicaments, les rendez-vous médicaux et une dette de 8 000 euros. »

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Les conséquences financières et psychologiques

L'abandon a non seulement brisé ses espoirs de maternité, mais a également engendré des difficultés financières. La femme doit désormais rembourser seule les frais engagés, tandis que son ex-compagnon refuse de contribuer. Selon l'article, les traitements de FIV en France coûtent en moyenne entre 3 000 et 5 000 euros par cycle, et les frais peuvent grimper si des techniques supplémentaires sont nécessaires.

« Je me suis retrouvée avec des hormones plein le corps, sans soutien, et avec l'impression d'avoir été trahie », ajoute-t-elle. Le choc émotionnel a été tel qu'elle a dû consulter un psychologue pour surmonter l'épreuve.

Un phénomène méconnu

Ce cas d'abandon en cours de FIV n'est pas isolé, bien que rarement évoqué publiquement. Les spécialistes interrogés dans l'article estiment que 5 à 10 % des couples connaissent une rupture pendant le parcours de procréation médicalement assistée (PMA). Les raisons sont multiples : pression psychologique, désaccord sur la poursuite du traitement, ou remise en question du désir d'enfant.

« Le parcours de PMA est un test pour le couple », explique le Dr Marie Dupont, gynécologue spécialiste de la fertilité. « Il peut révéler des fragilités ou des divergences que les partenaires n'avaient pas anticipées. »

Des recours juridiques limités

Sur le plan juridique, la femme a peu de recours pour obtenir une contribution financière de son ex-compagnon. En France, la FIV n'est pas considérée comme un contrat contraignant entre les partenaires. « Chacun peut se retirer à tout moment, même en cours de traitement », précise Maître Sophie Lefèvre, avocate en droit de la famille. « La seule exception serait si un contrat de co-parentalité avait été signé, ce qui est rare. »

La femme témoigne avoir envisagé une action en justice, mais a renoncé face aux coûts et à la faible probabilité de succès. « Je voulais juste qu'il reconnaisse sa responsabilité, mais la loi ne m'a pas protégée. »

Un appel à la solidarité et à la prévention

Ce témoignage a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, où des internautes ont exprimé leur soutien et partagé des expériences similaires. Certaines associations de patients réclament une meilleure information sur les risques de rupture en cours de PMA et la mise en place de contrats de coparentalité pour sécuriser les parcours.

« Il faudrait que les centres de PMA proposent systématiquement un accompagnement psychologique au couple, et pas seulement à la femme », suggère l'association Bébés de l'espoir. « Et pourquoi pas un document engageant les deux partenaires sur les aspects financiers ? »

La femme, elle, essaie de se reconstruire. « Je ne sais pas si je retenterai une FIV un jour. Mais je veux que mon histoire serve à d'autres, pour qu'elles sachent qu'elles ne sont pas seules. »

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