Parentis-en-Born : un collectif de familles dénonce le manque de transparence après la mise en examen d'un animateur
Face à ce qu'elles qualifient de « manque de transparence » et aux « doutes sur la garantie de la sécurité des enfants », une dizaine de familles de Parentis-en-Born, dans les Landes, tirent la sonnette d'alarme. Cette mobilisation fait suite à la mise en examen d'un animateur de périscolaire pour agressions sexuelles et violences sur enfants, une affaire qui secoue la commune et ses environs.
« Aujourd'hui, nous sommes en colère ! »
« Aujourd'hui, nous sommes en colère ! », lance Lisa, une cadre qui se dit soulagée de pouvoir enfin faire entendre sa voix. Avec une dizaine d'autres familles de Parentis-en-Born, elle a monté un collectif pour dénoncer « le manque de transparence et de sécurité concernant les enfants de la commune en périscolaire ».
Les faits remontent au samedi 28 mars 2026, lorsqu'un animateur a été mis en examen pour trois agressions sexuelles sur mineur et des faits de violences par personne ayant autorité. Sous contrôle judiciaire, il est également mis en cause pour des viols. Une quinzaine de victimes potentielles, âgées de 3 à 5 ans, ont été identifiées. Les agressions se seraient déroulées entre février et octobre 2025.
« Grandi avec ce mal-être »
Vendredi 20 mars 2026, Lisa a assisté, avec d'autres familles, à une réunion initiée par la mairie de Parentis-en-Born sur le sujet. Elle précise : « J'entends qu'il y a une enquête, mais là, les faits nous sont révélés des mois plus tard. Cela veut dire que pendant tout ce temps, certains de nos enfants ont grandi avec ce mal-être. En tant que responsables de nos enfants, on ne doit pas être privé de telles informations. »
Elle détaille les griefs du collectif : « manque de transparence dans la communication des faits, des délais d'information anormalement longs auprès des familles, des interrogations sérieuses sur l'existence et la prise en compte de signalements internes, ainsi que des doutes sur les mesures mises en œuvre pour garantir la sécurité des enfants ». Lisa est allée déposer plainte, au nom de son fils, pour agression sexuelle.
« La culture du secret »
Courant 2025, son fils a commencé à uriner sur lui avant d'aller en périscolaire. « Je me suis remise en question au lieu de penser à mal. Je regrette qu'on n'ait pas été informé pour faire le lien plus tôt. » Avec le collectif, elle dénonce la « culture du secret en périscolaire ». « Soit les signalements n'ont pas été pris au sérieux, soit il n'y a pas eu de signalement. Je ne sais pas ce qui est pire. Clairement, aujourd'hui, nous n'avons plus confiance. »
Une pétition a été lancée en ligne par ce collectif pour demander :
- Une inspection indépendante
- L'identification d'éventuels manquements
- La mise en place d'un protocole clair et immédiat d'information des familles
- La mise en œuvre d'un plan d'action concret
Après avoir échangé avec les autres parents, Lisa indique que « beaucoup ont des doutes, mais ne savent pas comment faire. Il faut offrir à chaque enfant un cadre sécurisé pour parler, s'il en a besoin. Car s'il ne s'exprime pas, à l'adolescence, on risque d'être confronté à des drames. » Dans cette logique de libération de la parole, le collectif souhaite « mettre en place une boîte aux lettres dédiée pour permettre à toute personne disposant d'informations de s'exprimer en toute sécurité ».
« Il faut que ça s'arrête ! »
À Parentis-en-Born, les retentissements de cette affaire sont considérables. Magali, mère de famille de 46 ans, témoigne : « Il faut que ça s'arrête ! La municipalité et les services doivent faire attention quand ils recrutent. »
Elle contextualise : « Il y a cinq ans, mon fils et son ami, âgés de 12 ans, ont été victimes de viols par un DJ animateur, qui intervenait notamment lors des ferias de Parentis-en-Born, sur les campings, lors des animations locales. » L'homme a été jugé et condamné à Mont-de-Marsan en 2023.
Aujourd'hui, c'est sa petite-fille – la fille de son autre fils – qui se retrouve scolarisée dans l'établissement de Parentis-en-Born où l'animateur de périscolaire mis en cause a travaillé. « Elle m'a dit qu'il était gentil avec elle. Qu'il lui avait fait des 'guilis' », souffle-t-elle, visiblement bouleversée.
Une cellule d'écoute à Mimizan également
Suite aux révélations concernant Parentis-en-Born, la municipalité de Mimizan s'est rendu compte qu'elle avait employé le mis en cause. Le maire, Frédéric Pomarez, précise : « Il a été animateur en périscolaire en école et en centre de loisir, entre septembre et novembre 2023. Nous n'avons pas renouvelé son contrat car il ne répondait pas à nos attentes en termes d'animations. C'était un jeune qui débutait sans trop d'expérience. »
À la connaissance du maire, il n'y a eu, « à l'époque, aucune remontée concernant des faits de violence ou de nature sexuelle ». Il poursuit : « Lundi soir, nous avons eu une réunion avec les directeurs d'école et les parents d'élèves pour évoquer la situation. Un mot a été envoyé à tous les parents. »
Le maire annonce être en lien avec la gendarmerie et l'Adavem (l'association d'aide aux victimes) pour « mettre en place une cellule d'écoute avec des professionnels. J'ai aussi une pensée pour nos agents, les autres animateurs, qui sont en plein doute et espèrent ne pas avoir manqué de potentiels agissements. Eux aussi, il faut les accompagner. »



