Alerte déscolarisation : un système pour signaler les absences
Alerte déscolarisation : un système pour signaler les absences

Un système d'alerte pour signaler les absences scolaires sera mis en place à la rentrée prochaine, a annoncé le ministre de l'Éducation nationale, Pap Ndiaye, ce mardi 21 juin. Cette décision fait suite à l'affaire de la séquestration d'un enfant de 10 ans dans une camionnette à Marseille, qui a mis en lumière les lacunes du système actuel de suivi de l'assiduité scolaire.

Un drame qui a ému la France

Le 14 juin dernier, un enfant de 10 ans a été retrouvé séquestré dans une camionnette à Marseille, après avoir été absent de l'école pendant plusieurs semaines sans que personne ne donne l'alerte. Cet incident a provoqué une onde de choc dans l'opinion publique et a conduit le gouvernement à accélérer la mise en place d'un dispositif de signalement des absences.

Selon le ministre, "il est inacceptable qu'un enfant puisse disparaître des radars de l'école sans que cela ne déclenche une réaction immédiate". Le nouveau système d'alerte vise à détecter les situations de décrochage scolaire et à intervenir rapidement pour protéger les enfants en danger.

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Comment fonctionnera le système d'alerte ?

Le dispositif reposera sur un croisement automatisé des données d'absentéisme entre les établissements scolaires et les services sociaux. Concrètement, dès qu'un élève cumulera un certain nombre d'absences non justifiées, une alerte sera envoyée aux services compétents (éducation nationale, protection de l'enfance, police) pour déclencher une enquête.

Les modalités précises du système seront détaillées dans les prochaines semaines, mais le ministre a indiqué qu'il s'appuierait sur des outils numériques existants, comme le logiciel "Pronote", déjà utilisé par de nombreux établissements pour le suivi des absences. "Nous allons renforcer la connexion entre les différents acteurs pour qu'aucun enfant ne passe entre les mailles du filet", a-t-il ajouté.

Un problème récurrent

L'absentéisme scolaire est un phénomène préoccupant en France. Selon une étude du ministère de l'Éducation nationale, près de 5% des élèves du primaire et du secondaire seraient en situation d'absentéisme chronique, soit environ 300 000 enfants. Ce chiffre est en hausse depuis la pandémie de Covid-19, qui a accentué les inégalités et le décrochage scolaire.

Les associations de protection de l'enfance saluent cette initiative, mais appellent à ne pas se limiter à un simple signalement. "Il faut aussi des moyens humains pour aller chercher ces enfants et les accompagner", a déclaré la présidente de l'Union nationale des associations de protection de l'enfance (UNAPE).

Une réponse à un vide juridique ?

Actuellement, la loi impose aux parents de signaler les absences de leurs enfants, mais les sanctions sont rarement appliquées. Le nouveau système d'alerte pourrait permettre de détecter plus tôt les situations de maltraitance ou de danger, comme dans l'affaire de Marseille où l'enfant était victime de violences.

Le ministre de l'Éducation nationale a précisé que le système serait testé dans plusieurs académies dès la rentrée 2023, avant un déploiement national prévu pour 2024. "Nous voulons agir vite pour éviter de nouveaux drames", a-t-il conclu.

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