L'association Stop-VOG (Stop aux Violences Obstétricales et Gynécologiques) a publié une enquête d'envergure nationale qui met en lumière l'ampleur alarmante de ces violences en France. Selon ce rapport, une majorité de femmes déclarent avoir subi au moins un acte ou une parole violente lors de leur suivi gynécologique ou obstétrical.
Des chiffres qui interpellent
L'enquête, réalisée auprès de plusieurs milliers de patientes, révèle que près de 70% des femmes interrogées ont vécu une expérience qu'elles qualifient de violente. Ces violences peuvent être physiques, comme des gestes brusques ou non consentis, mais aussi psychologiques, avec des paroles humiliantes ou dégradantes. Les actes les plus souvent cités incluent des touchers vaginaux sans explication préalable, des épisiotomies non justifiées ou encore des refus d'écoute de la douleur.
Un phénomène systémique
Pour l'association, ces violences ne sont pas des cas isolés mais révèlent un problème systémique au sein du système de santé français. Stop-VOG dénonce une culture médicale qui normalise la souffrance des patientes et banalise le non-respect de leur consentement. L'enquête montre que les femmes les plus vulnérables, comme celles issues de milieux défavorisés ou de minorités ethniques, sont encore plus exposées.
L'association appelle à une prise de conscience collective et à des mesures concrètes : formation des soignants au consentement et à la bienveillance, mise en place de protocoles clairs pour les examens intimes, et création d'un numéro d'écoute pour les victimes. Stop-VOG souhaite également que les violences obstétricales soient reconnues comme un problème de santé publique prioritaire.
Réactions et perspectives
Cette enquête a suscité de vives réactions dans le milieu médical et politique. Plusieurs syndicats de sages-femmes et de gynécologues ont reconnu la nécessité d'améliorer les pratiques, tandis que des associations de patientes réclament des sanctions pour les professionnels fautifs. Le ministère de la Santé a annoncé l'ouverture d'une réflexion sur le sujet, mais les militantes de Stop-VOG jugent ces avancées insuffisantes et exigent des actions rapides.
Le rapport complet de Stop-VOG est disponible en ligne et devrait servir de base à de futures campagnes de sensibilisation. L'association prévoit également de lancer une pétition pour interpeller les pouvoirs publics sur l'urgence de la situation.



