Tremblements essentiels : Nathan, biologiste à Montpellier, réalise des piqûres au quotidien
Tremblements essentiels : Nathan, biologiste, réalise des piqûres

Nathan, 31 ans, pharmacien biologiste dans un laboratoire d'analyses médicales à Montpellier, souffre de tremblements essentiels depuis l'enfance. Cette maladie neurologique, qui touche environ 300 000 personnes en France, se manifeste par des tremblements incontrôlables lors de mouvements ou du maintien d'une posture. Pourtant, Nathan réalise des piqûres chaque jour de travail, avec une précision qui surprend ses patients.

Une pathologie rare chez les jeunes

Les tremblements essentiels sont considérés comme une pathologie fréquente, mais ils restent relativement rares chez les plus jeunes. Selon l'hôpital fondation Adolphe de Rothschild, seulement 16 000 personnes de moins de 40 ans en souffrent en France. L'origine de cette maladie est souvent génétique : chez Nathan, c'est sa grand-mère qui en était atteinte avant lui.

« Je me souviens, quand j'étais petit, elle me disait "tu trembles comme moi", raconte le jeune homme. Je me souviens aussi devoir me concentrer, enfant, pour peindre mes figurines et que ça ressemble à quelque chose. »

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Des défis surmontés dès l'école

À l'école, Nathan ne se soucie guère de son handicap jusqu'au lycée, lorsqu'il est confronté à des exercices nécessitant plus de précision. « Quand j'ai commencé à manipuler des petites pipettes en cours de chimie, c'était un peu la galère, mais finalement j'ai vite trouvé des moyens pour contrôler les tremblements en prenant des appuis sur les tables, se souvient-il. Il faut apprendre à se débrouiller. »

À la maison, il lui arrive de faire tomber le sirop pour la toux de la cuillère avant qu'elle n'atteigne sa bouche, « mais ça reste anecdotique, ça ne m'a jamais handicapé plus que ça ».

Une carrière choisie malgré les tremblements

Désormais pharmacien biologiste, Nathan est amené à effectuer des prises de sang quotidiennement. Une profession qui semble a priori incompatible avec sa pathologie. « Les prises de sang demandent beaucoup de précision, car les veines sont petites, mais en prenant bien mes appuis j'arrive à me stabiliser pour réussir mes piqûres, et au moment où je pique je ne tremble pas, explique le Montpelliérain. Après la piqûre, il faut quand même enclencher le tube avec l'autre main, qui peut trembler un peu, et il est arrivé que des personnes me disent "mais monsieur, vous tremblez ?" »

Dans ce cas, Nathan rassure ses patients en leur expliquant sa pathologie et en leur assurant qu'il a l'habitude. Le jeune biologiste reste vigilant, conscient que le stress ou la fatigue peuvent intensifier ses tremblements. Pour autant, il ne s'est jamais limité dans ses choix professionnels.

« Durant mon internat, j'ai vu de grands chirurgiens chefs de service qui étaient atteints de la même pathologie, et parvenaient malgré tout à exercer brillamment, donc je ne me suis jamais dit que tel métier serait inaccessible pour moi, raconte-t-il. J'ai déjà travaillé avec mes mains dans le passé, pour aider mon père sur les chantiers, faire des choses minutieuses ne m'a jamais posé de problème. »

Nathan a appris à composer avec ses tremblements, sans les laisser décider de ce qu'il peut faire. Comme lorsqu'il était enfant devant ses figurines, il lui faut parfois se concentrer, trouver le bon appui et recommencer. Sauf qu'aujourd'hui, ce sont des prises de sang qu'il réalise chaque jour, sans que ses mains tremblantes ne l'aient empêché d'en faire son métier.

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