Les 18-29 ans représentent désormais 15% des dossiers de surendettement au premier trimestre 2026, selon un rapport de l'Observatoire de l'inclusion bancaire (OIB) publié jeudi. Cette progression marquée confirme une tendance préoccupante.
Une hausse continue depuis 2022
L'OIB, présidé par le gouverneur de la Banque de France, alerte sur « la poursuite de la hausse du surendettement, notamment chez les jeunes de 18-29 ans », qualifiée de « point de vigilance ». En 2025, cette tranche d'âge pesait 12% des dossiers, contre seulement 5% en 2022. La bascule est nette en quelques années.
Au total, 150 000 dossiers de surendettement ont été déposés en 2025, soit une hausse de 9,8% par rapport à 2024. Ce chiffre reste toutefois inférieur de 32% au niveau de 2015.
Les crédits faciles en cause
Cette augmentation s'explique notamment par la « diffusion croissante des paiements fractionnés et des minicrédits », selon l'OIB. Ces solutions représentent désormais près de 15% des crédits à la consommation. Proposés par des acteurs non bancaires comme des sites de vente en ligne, ils facilitent l'accès au crédit mais peuvent accélérer les difficultés financières.
Face à ces pratiques, une évolution réglementaire est prévue avec l'entrée en vigueur en novembre de la directive européenne sur les crédits aux consommateurs (CCD2), qui encadrera mieux les échelonnements de paiement et les minicrédits. Cependant, certains appellent à davantage de mesures. « C'est important que la directive encadre ce type de crédits mais nous voudrions qu'elle aille plus loin et que les contrôles soient renforcés », a déclaré Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, lors de sa première conférence de presse début juin.
Un contexte économique tendu
La hausse du surendettement intervient dans un climat économique difficile. Les plus fragiles subissent encore les effets de l'inflation de 2022-2023. Pour les jeunes, l'entrée sur le marché du travail reste compliquée, tout comme l'accès au logement, ont souligné les représentants de l'OIB.
Parallèlement, les banques affirment mieux détecter les situations à risque. Fin 2025, 4,8 millions de clients étaient identifiés comme financièrement fragiles, soit une hausse de 5,1% sur un an. « Cela démontre que l'action au quotidien des banques permet de contribuer à une inclusion bancaire effective », a salué la Fédération bancaire française dans un communiqué.
Vers une meilleure protection
L'Observatoire de l'inclusion bancaire, créé en 2013, suit ces évolutions et formule des recommandations pour limiter les dérives et mieux protéger les publics vulnérables.



