Handiplage supprimé à Roquebrune-Cap-Martin : la mairie justifie sa décision
Suppression d'handiplage à Roquebrune : la mairie s'explique

Le dispositif Handiplage de Roquebrune-Cap-Martin, qui fonctionnait depuis 2004 sur la plage Berlioz à Carnolès, ne sera pas reconduit pour l'été 2026. La décision, annoncée fin juin, a été débattue lors du conseil municipal du 30 juin. La majorité a détaillé les raisons, principalement des difficultés de recrutement et l'échec d'une coopération avec Menton.

Un service pionnier et primé

Roquebrune-Cap-Martin était pionnière sur la Côte d'Azur avec ce service gratuit, ouvert sept jours sur sept, permettant aux personnes en situation de handicap de bénéficier d'un accompagnement individualisé pour la baignade. En 2023, la commune avait obtenu le label Handiplage « 4 bouées », la plus haute distinction. L'été dernier, 1 540 accompagnements avaient été réalisés, soit une moyenne de 27 interventions quotidiennes.

Une décision « extrêmement difficile »

Dominique Nicolaï, premier adjoint au maire Patrick Cesari, a qualifié la décision d'« extrêmement difficile ». Il a souligné que l'inclusion était un axe majeur du mandat. La principale difficulté réside dans le recrutement de personnel qualifié pour gérer des situations complexes, comme les crises autistiques ou l'assistance aux personnes âgées. La campagne de recrutement, lancée dès mars-avril, n'a pas permis de trouver de candidats : « Aucun des agents présents en 2025 n'a accepté de revenir », a déclaré Nicolaï.

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La commune a élargi ses recherches, proposant de financer des formations et mettant à disposition un logement communal. « Jusqu'à quinze ou vingt jours avant l'ouverture prévue, nous n'avions reçu aucun CV. À ce stade, il n'était plus possible de garantir une ouverture dans des conditions de sécurité satisfaisantes », a-t-il ajouté.

Une tentative de mutualisation avec Menton

La municipalité a également étudié une mutualisation avec la Ville de Menton. « Pendant vingt-trois ans, Roquebrune-Cap-Martin a été le seul site handiplage du secteur. Cette année, nous avons sollicité nos collègues mentonnais. Il nous a été expliqué qu'eux aussi étaient confrontés à des difficultés de recrutement et qu'une mutualisation n'était donc pas envisageable », a précisé Dominique Nicolaï. Il a ajouté que l'interruption n'entraînait pas la perte du label : « Si toutes les conditions sont à nouveau réunies l'an prochain, le service handiplage pourra être rétabli. »

Un accès à la plage maintenu

Si l'accompagnement à la baignade disparaît, un espace accessible sera aménagé avec une passerelle, des voiles d'ombrage et une pergola. Les personnes pourront accéder à la plage, mais l'assistance devra être assurée par leurs accompagnateurs. Pour les personnes âgées suivies par le CCAS, deux créneaux hebdomadaires ont été obtenus aux Bains du Cap.

Des échanges tendus au conseil municipal

Le débat a été marqué par une opposition entre deux conseillers municipaux d'opposition. Patrick Launois (Roquebrune Nouvelle Dynamique) a affirmé avoir contacté la responsable d'handiplage à Menton, qui lui aurait dit que le CCAS de Roquebrune ne s'était pas rapproché du CCAS de Menton. Dominique Nicolaï a contesté cette version, affirmant avoir demandé au directeur de cabinet de Mme Masson et reçu une réponse écrite indiquant qu'une collaboration n'était pas possible. Guillaume Contesse (RN) a alors apporté une précision : « Ce qui vient d'être dit par M. Launois est inexact. Il suffit de consulter l'enregistrement du conseil municipal de Menton, tenu aujourd'hui et disponible en ligne. Les faits sont vérifiables. » Après vérification, Patrick Launois avait bien contacté le CCAS de Menton, mais pas l'interlocuteur officiel des échanges entre les deux collectivités.

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