Le parquet de Paris a annoncé, mercredi 8 juillet 2026, avoir interjeté appel de la relaxe prononcée le 30 juin dernier par le tribunal correctionnel de Paris à l’encontre d’un ancien animateur périscolaire. L’homme, âgé de 34 ans, était poursuivi pour des agressions sexuelles présumées sur plusieurs enfants, âgés de 4 à 5 ans, à l’école maternelle Alphonse-Baudin, située dans le 11e arrondissement de Paris.
Des faits présumés sur plusieurs années
Les faits reprochés à l’ex-animateur se seraient déroulés entre 2019 et 2022. Selon l’accusation, il aurait commis des attouchements sur au moins six enfants, profitant de sa position d’autorité dans le cadre des activités périscolaires. Les parents de certaines victimes présumées avaient déposé plainte en 2022, déclenchant une enquête de la brigade de protection des mineurs.
Lors du procès, l’animateur a toujours nié les faits, affirmant qu’il s’agissait de malentendus ou de jeux d’enfants. Ses avocats ont plaidé l’absence de preuves matérielles et la fragilité des témoignages, soulignant que les enfants étaient très jeunes et influençables.
Une relaxe motivée par des doutes sur les preuves
Le tribunal correctionnel a prononcé la relaxe le 30 juin 2026, estimant que les éléments présentés ne suffisaient pas à établir la culpabilité de l’accusé au-delà de tout doute raisonnable. Les juges ont notamment relevé des contradictions dans les déclarations des enfants et l’absence de témoins directs. Cette décision a suscité l’indignation des associations de protection de l’enfance, qui dénoncent un système judiciaire trop laxiste face aux violences sexuelles.
Selon une source proche du dossier, le parquet a estimé que la décision de première instance méritait d’être réexaminée. « Il est essentiel que la parole des enfants soit prise au sérieux et que les affaires de ce type soient jugées avec toute la rigueur nécessaire », a déclaré un porte-parole du parquet de Paris.
Un appel qui relance le débat sur la protection des mineurs
Cette affaire intervient dans un contexte de sensibilisation accrue aux violences sexuelles commises sur mineurs. En France, selon les chiffres de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), environ 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année. Les milieux scolaires et périscolaires sont particulièrement concernés, les agresseurs étant souvent des personnes en position de confiance.
L’association « Stop aux violences sexuelles » a salué la décision du parquet de faire appel. « C’est un signal fort envoyé aux victimes et à la société : la justice ne doit pas fermer les yeux sur ces crimes. Nous espérons que la cour d’appel rendra une décision plus juste », a réagi sa présidente, Sophie Durand.
Les prochaines étapes judiciaires
L’affaire sera désormais examinée par la cour d’appel de Paris, qui devra statuer sur le fond du dossier. Une date d’audience n’a pas encore été fixée. En attendant, l’ex-animateur reste présumé innocent. Il avait été suspendu de ses fonctions dès l’ouverture de l’enquête et n’exerce plus dans le milieu périscolaire.
Cette affaire soulève également des questions sur le recrutement et la surveillance des animateurs périscolaires. La mairie de Paris a indiqué avoir renforcé ses procédures de contrôle depuis les faits, notamment en multipliant les vérifications d’antécédents judiciaires et en formant le personnel à la détection des signes de maltraitance.



