Le gouvernement a annoncé jeudi soir le déploiement de 3.000 professeurs remplaçants « dans les heures qui viennent » dans les lycées les plus critiques, afin de répondre à une revendication centrale du mouvement lycéen. Cette promesse du ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, intervient alors que la mobilisation, marquée par des scènes de violence ayant coûté la main à un lycéen, entre dans sa troisième semaine.
Une plateforme de concertation très sollicitée
Selon un décompte rendu public dimanche par Sébastien Lecornu, 71% des contributions à la plateforme de concertation lancée par le gouvernement à l'adresse des lycéens font état de difficultés dans les emplois du temps, et la moitié citent des problèmes de bâtiments. Le gouvernement a recensé à ce stade 76.500 contributions sur cette plateforme.
Les lycéens, qui prévoient de manifester à nouveau mardi, utilisent massivement cet outil pour exprimer leurs récriminations, plaçant les questions d'organisation scolaire au premier plan.
Un mouvement en « nette décélération » mais toujours présent
Vendredi, le mouvement était en « nette décélération », selon l'exécutif, avec « plus de 96% des lycées » ouverts et 141 établissements fermés sur 3.700, contre 157 la veille à la mi-journée. Les lycées fermés étaient situés essentiellement dans la région parisienne, dans le nord et le grand ouest du pays, et près de Lyon, selon une source au sein de l'exécutif.
Malgré cette accalmie, quelque 150 établissements sont restés fermés et une nouvelle journée de mobilisation est prévue mardi, avec un « acte V » des manifestations qui sera déterminant pour l'avenir du mouvement.
Une réponse politique graduelle
Après avoir privilégié une réponse de maintien de l'ordre, le gouvernement a progressivement présenté des réponses plus politiques, notamment cette promesse de renforts enseignants. Cette annonce vise à répondre à l'une des revendications clés des lycéens, qui dénoncent le manque de moyens matériels et humains pour mener à bien leurs études.
La mobilisation, qui a débuté il y a deux semaines par des blocages d'établissements, se poursuit donc, avec un enjeu majeur pour le gouvernement qui espère une décrue durable du mouvement.