Depuis plusieurs mois, dans le quartier de Lille-Moulins, une chaîne de solidarité s'est tissée autour des mineurs isolés étrangers. Ces jeunes, arrivés sans famille en France, se heurtent à un parcours administratif semé d'embûches et à un manque criant de places d'hébergement. Face à cette situation, des habitants ont décidé d'agir concrètement.
Une mobilisation quotidienne
Chaque soir, une vingtaine de bénévoles se relaient pour accueillir ces jeunes, leur offrir un repas chaud et un endroit où dormir. L'initiative, partie d'un petit groupe de voisins, a rapidement pris de l'ampleur. « Au début, on était trois ou quatre à ouvrir notre porte. Maintenant, on est plus d'une centaine de familles prêtes à héberger », témoigne Marie, une habitante du quartier. Selon les organisateurs, environ 150 jeunes seraient ainsi soutenus chaque semaine.
Un besoin criant de solutions pérennes
Cette solidarité de proximité pallie les défaillances des dispositifs publics. « L'État ne fait pas son travail. Ces jeunes devraient être pris en charge par l'Aide sociale à l'enfance, mais les places manquent », déplore Jean, coordinateur du collectif. En 2023, la métropole lilloise comptait plus de 500 mineurs non accompagnés en attente d'une solution d'hébergement, selon une association locale. Le collectif réclame une mise à l'abri immédiate et un accompagnement juridique pour tous.
Un modèle qui fait des émules
L'initiative lilloise inspire d'autres quartiers. « On a été contactés par des groupes à Roubaix, Tourcoing et même à Paris », se réjouit Marie. Le collectif organise des permanences pour informer sur les droits des mineurs isolés et forme les bénévoles aux démarches administratives. « L'idée, c'est de créer un réseau qui puisse répondre aux urgences, mais aussi peser pour des changements structurels », ajoute Jean. En attendant, la solidarité de quartier reste le seul recours pour ces jeunes exilés.



