Le Ceremh (Centre d'études et de recherche pour l'insertion des personnes handicapées), auto-école adaptée et centre d'innovation situé à Paris, est menacé de disparition. Faute de financements suffisants, cette structure unique en France pourrait fermer ses portes, mettant en péril l'accompagnement de nombreux apprenants en situation de handicap.
Une structure essentielle pour l'apprentissage de la conduite
Le Ceremh propose des cours de conduite adaptés aux personnes souffrant de handicaps moteurs, sensoriels ou cognitifs. Il dispose de véhicules spécialement aménagés et d'instructeurs formés. Selon la direction, l'établissement accueille chaque année environ 300 élèves, dont 80 % réussissent leur examen du permis de conduire, un taux nettement supérieur à la moyenne nationale.
Au-delà de l'auto-école, le Ceremh est aussi un centre d'innovation. Il développe des solutions techniques pour adapter les véhicules et les méthodes d'enseignement. Il collabore avec des constructeurs automobiles et des chercheurs pour améliorer l'accessibilité de la conduite. Cette double mission, pédagogique et technologique, fait de lui un acteur de référence dans le domaine du handicap et de la mobilité.
Des difficultés financières persistantes
La structure, qui dépend principalement de subventions publiques et de dons, connaît des difficultés budgétaires depuis plusieurs années. Les financements de l'État et des collectivités territoriales ont diminué, tandis que les coûts de fonctionnement, notamment l'entretien des véhicules adaptés, ne cessent d'augmenter. Le déficit cumulé atteint 150 000 euros, selon le trésorier de l'association.
Malgré des appels à l'aide lancés auprès des pouvoirs publics, aucune solution durable n'a été trouvée à ce jour. Les salariés, inquiets pour leur emploi, ont lancé une pétition en ligne qui a déjà recueilli plus de 5 000 signatures. Ils réclament un plan de sauvegarde de la part du ministère chargé des Personnes handicapées.
Un impact direct sur les personnes handicapées
Si le Ceremh venait à fermer, ce seraient des dizaines de personnes en situation de handicap qui perdraient la possibilité d'apprendre à conduire dans des conditions adaptées. Pour beaucoup, le permis de conduire représente un levier essentiel d'insertion professionnelle et sociale. Une fermeture aurait donc des conséquences importantes sur leur autonomie.
Les responsables du Ceremh espèrent encore un sursaut des autorités. Ils demandent une rencontre avec la secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées afin d'exposer leur situation et de proposer des solutions de financement pérennes. En attendant, la pétition continue de circuler et les cours se poursuivent, mais dans un climat d'incertitude.



