En France, quelque 3,5 millions de travailleurs exerçant leur métier en plein air sont exposés aux rayons UV solaires et courent un risque de développer un cancer de la peau d'origine professionnelle, selon l'Anses. L'agence sanitaire pointe un « lien avéré » entre une exposition professionnelle aux rayons ultraviolets (UV) et la survenue de trois types de cancers cutanés : carcinomes épidermoïdes cutanés, carcinomes basocellulaires cutanés et mélanomes cutanés.
Des métiers concernés et des facteurs de risque multiples
Agriculteurs, jardiniers, postiers, marins, saisonniers des stations de ski, ouvriers du bâtiment : ces professions, parmi d'autres, sont directement concernées. L'expertise de l'Anses n'a toutefois pas permis d'établir une durée d'exposition aux rayons solaires en deçà de laquelle une augmentation du risque de cancer serait écartée.
De nombreux facteurs entrent en jeu, comme l'explique Amandine Paillat, qui a travaillé sur l'étude : l'exposition aux rayons UV augmente avec « la durée du temps passé en extérieur, les horaires où le rayonnement solaire est le plus intense, la réflexion du soleil en mer pour les marins ou sur la neige lorsqu'on travaille à l'entretien des pistes de ski ».
Des cancers encore sous-déclarés et sous-reconnus en France
En Europe, l'Allemagne ou la Belgique reconnaissent et indemnisent les cancers cutanés d'origine professionnelle, alors qu'ils sont « sous-déclarés et sous-reconnus » en France, souligne l'Anses. Pour ces pathologies, il n'existe pas en France de « tableau » de maladies professionnelles, dispositif qui favorise la reconnaissance et donc l'indemnisation des cancers d'origine professionnelle.
Ainsi, de 2013 à 2024, seules 137 demandes ont été examinées par un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles qui, en l'absence de tableau, se prononce sur le lien entre le travail et la pathologie. Parmi elles, 40 % ont reçu un avis favorable. En comparaison, l'Allemagne a indemnisé des milliers de travailleurs pour la seule année 2018.