Mère et fils vivent dans leur voiture sur un parking à Antibes depuis 4 mois
Antibes : mère et fils vivent dans leur voiture depuis 4 mois

Depuis quatre mois, Eline, retraitée, et son fils Jonathan, âgé de 38 ans, vivent dans leur voiture en panne, stationnée sur le parking près du théâtre Anthéa à Antibes. Une situation précaire dont ils espèrent bientôt sortir.

Une installation de fortune

Sur le parking derrière les courts de tennis, une Clio 2 bleu nuit stationne discrètement. Deux grands parasols sont ouverts au-dessus du toit. À l'intérieur, l'essentiel de leurs affaires s'empile dans des sacs et des cartons. Eline profite du ciel bleu depuis le siège passager, tandis que Jonathan se tient à côté.

Leur histoire commence il y a plusieurs années. « On avait un logement et je me suis retrouvé au chômage, avec des factures impayées », se souvient le trentenaire. Ils quittent alors leur appartement et héritent d'un toit provisoire. « On a fini à la rue pendant tout un été, avant de tomber sur une marchande de sommeil. Cette situation a quand même permis d'avoir un toit tout l'hiver jusqu'à début 2024 », expliquent-ils.

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Une vie de survie

Avec quelques économies, ils investissent dans une voiture. « Ce n'était pas parfait mais elle roulait », reconnaissent-ils. Dès le printemps, elle devient leur maison. Ils roulent de ville en ville, de région en région, mais se rendent compte que l'herbe n'est pas plus verte ailleurs. Mère et fils reviennent dans le Sud, entre Golfe-Juan et Antibes, « pour la mer et le soleil », sourient-ils.

La voiture tombe en panne après une mauvaise réparation. Ils trouvent refuge près du théâtre Anthéa il y a quatre mois. « On essaie de survivre. J'ai trouvé un boulot, je suis encore en CDD mais ça devrait évoluer en CDI, c'est en bonne voie », confie Jonathan. Chaque soir, il marche une bonne distance pour rejoindre son travail. « Ce n'est pas grave, c'est bon pour le cœur de marcher », dit-il, optimiste.

Des espoirs déçus

Pendant ces longs mois, quelques lueurs d'espoir se sont transformées en désillusions. « Quelqu'un a voulu nous aider quand la police nous a menacés de nous faire partir. Le studio était propre, on y est restés deux semaines. Et, un matin, il nous demande de partir, de but en blanc », s'étonne Eline. Elle regrette de ne pouvoir laver son linge ou cuisiner. « Je suis fatiguée, je prends des médicaments pour le diabète. C'est dur la vie mais il y a pire. Il y a des pays en guerre », tente-t-elle de se rassurer.

Mère et fils pensent à ouvrir une cagnotte en ligne et profitent de la générosité de quelques amis et locaux. « Le restaurant du tennis nous a invités à manger une pizza. Un midi, un ami nous a apporté un poulet. C'est pour ça qu'on a le sourire. On n'est pas abandonnés », racontent-ils.

Un rendez-vous avec la Ville

En février, un rendez-vous leur avait été proposé par la Ville, mais ils ne s'y sont pas rendus. « Je venais de trouver mon emploi et devais travailler. Ma mère avait des ulcères aux jambes, elle marchait peu. Nous pensions nous débrouiller tout seuls, à tort. Aujourd'hui, nous réalisons l'importance d'y aller », explique Jonathan.

Contactée, la mairie précise que « les services du Centre d'urgence sociale, et en particulier la maraude, sont pleinement mobilisés pour assurer un suivi attentif de la situation. […] Un rendez-vous est prévu en vue de procéder à leur domiciliation auprès du CCAS. Cette démarche est essentielle : elle permettra d'engager l'ouverture de ses droits et de mettre en place un accompagnement social adapté, fondé sur une adhésion ».

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