Les parieurs placent la Finlande loin devant ses concurrents, la Grèce, le Danemark, la France et l'Australie pour l'Eurovision, dont la finale aura lieu à Vienne le 16 mai. Parmi 35 participants, le pays nordique est favori cette année pour remporter le plus grand télécrochet du monde.
Finlande : violon brûlant
Le duo entre la violoniste Linda Lampenius, 56 ans, et le chanteur pop Pete Parkkonen, 36 ans, fait mouche auprès du public avec un titre, « Liekinheitin » (« Lance-flamme »), interprété en finnois sur une mise en scène passionnée. Tandis que le brun ténébreux se lamente de son amour non partagé, la blonde musicienne en robe étincelante lui répond en faisant vibrer avec fougue les cordes de son instrument, derrière un rideau de feu infranchissable. La proposition, dansante et « d'une très grande qualité musicale » selon Anna Muurinen, experte finlandaise de l'Eurovision, offre « trois minutes de pure dramaturgie », faisant espérer à la Finlande, qui n'a remporté le concours qu'une seule fois en 2006, de toucher une vaste audience sans sacrifier à l'anglais.
Grèce : techno méditerranéenne
La chanson « Ferto » (« Ramène ça ! ») d'Akylas Mytilineos évoque sur un son dynamique et mordant, enrichi d'une identité grecque, la soif de gloire et de fortune d'un fils voulant couvrir sa mère de tout ce qui leur a manqué dans son enfance. Avec ses lunettes de soleil et son bonnet caractéristique, le chanteur de 27 ans se définit comme un artiste queer, mettant l'accent sur le besoin d'expression et d'acceptation à travers sa musique. Il a commencé sa carrière sur des bateaux de croisière avant que son style ne tape dans l'œil des internautes sur les réseaux sociaux et qu'il participe en 2022 à la version grecque de The Voice. La Grèce a gagné une fois l'Eurovision en 2005.
Danemark : after électro
Søren Torpegaard Lund, un artiste de comédie musicale de 27 ans, propose avec « Før vi går hjem » (« Avant de rentrer ») un titre pop tinté d'électro renforcé par des effets visuels de clubbing dans une moiteur de fin de soirée. Il chante en danois et « pour une fois, on envoie une bonne chanson », dit Lisanne Wilken, spécialiste du concours et maître de conférences à l'Université d'Aarhus. Copenhague bénéficie aussi selon elle d'un coup de pouce géopolitique inattendu : « La situation avec le Groenland et Trump a vraiment braqué les projecteurs sur le Danemark d'une façon inédite », alors qu'il est très rarement favori du concours, que le royaume a remporté à trois reprises, la dernière fois en 2013.
France : pop opératique
C'est la plus jeune candidate à représenter la France à l'Eurovision : Monroe, chanteuse lyrique franco-américaine de 17 ans, interprétera « Regarde ! ». Le titre sur l'amour, thème de prédilection de la France à l'Eurovision, mêle pop, airs d'opéra et référence aux comédies musicales. Le grand public a découvert cette cantatrice aux longues tresses dans « Prodiges », télécrochet diffusé sur France 2 dédié aux jeunes virtuoses classiques. Son premier album est sorti en novembre. Née aux États-Unis, Monroe a été bercée par sa double culture et parmi ses inspirations figurent la diva Cecilia Bartoli, mais aussi Whitney Houston, Johnny Hallyday et Céline Dion. « Ça me donne envie de travailler ma voix pour pouvoir présenter quelque chose de bien, porter les couleurs de la France et de notre belle culture », a déclaré l'artiste à l'AFP après sa sélection. La France a gagné à cinq reprises, la dernière fois en 1977.
Australie : power ballade
La ballade « Eclipse », qui évoque un alignement amoureux des planètes, est interprétée par Delta Goodrem, 41 ans et plus de neuf millions d'albums vendus. Elle mêle l'intimité du piano à d'impressionnants crescendos vocaux, que cette coach dans The Voice Australia, par ailleurs auteure-compositrice, musicienne et actrice, maîtrise à la perfection. La notoriété sur la scène mondiale de l'artiste née à Sydney et ayant signé son premier contrat dès l'âge de 15 ans fait espérer à l'Australie, où le concours est très suivi, sa toute première victoire.



