Le gouvernement a dévoilé ce mercredi une série de mesures visant à renforcer la prévention des accidents du travail auprès des jeunes. Ces annonces, présentées comme ambitieuses, ont immédiatement suscité la colère des syndicats, qui les qualifient de cosmétiques et dénoncent un manque de moyens concrets.
Des mesures jugées insuffisantes
Parmi les annonces phares, le gouvernement prévoit l'intégration d'un module de sensibilisation aux risques professionnels dans les programmes scolaires, dès le collège. Une campagne de communication nationale doit également être lancée, ainsi que la création d'un passeport prévention pour les jeunes en alternance ou en stage. Cependant, les syndicats estiment que ces mesures restent largement insuffisantes face à l'ampleur du problème.
Des chiffres alarmants
En 2025, près de 15 000 accidents du travail ont été recensés chez les moins de 25 ans, dont une trentaine de mortels. Les secteurs les plus touchés sont le BTP, l'agriculture et la restauration. Pour les syndicats, ces chiffres appellent des actions plus structurelles, comme le renforcement des contrôles ou l'augmentation des effectifs de l'inspection du travail.
La réaction des syndicats
La CGT, FO et la CFDT ont unanimement dénoncé des annonces cosmétiques. Le gouvernement se contente de communiquer sans mettre les moyens nécessaires, a déclaré le secrétaire général de la CGT. Les jeunes travailleurs ont besoin de formations réelles, de tuteurs formés et de conditions de travail décentes, pas de simples plaquettes, a-t-il ajouté. FO a souligné que le passeport prévention n'était qu'un outil de plus, sans valeur contraignante.
Des propositions alternatives
Les syndicats réclament notamment :
- Un abaissement du seuil de déclaration des accidents du travail pour les jeunes.
- Un renforcement des sanctions en cas de non-respect des règles de sécurité.
- Une augmentation du nombre d'inspecteurs du travail.
- La mise en place d'un suivi médical renforcé pour les travailleurs de moins de 25 ans.
Ils demandent également que la prévention soit intégrée dans les formations professionnelles initiales, avec des modules pratiques obligatoires.
La position du gouvernement
De son côté, le ministre du Travail a défendu ces mesures, affirmant qu'elles étaient pragmatiques et adaptées aux besoins des jeunes. Il a rappelé que le gouvernement avait déjà augmenté le budget de la prévention de 15 % en 2025 et que ces nouvelles annonces s'inscrivaient dans une stratégie globale. Il a également promis un suivi régulier et une évaluation des dispositifs dans les prochains mois.
Malgré ces assurances, les syndicats restent sceptiques. Ils estiment que seule une mobilisation forte sur le terrain permettra de réduire le nombre d'accidents. Une journée d'action est d'ailleurs prévue dans les prochaines semaines pour exiger des mesures plus ambitieuses.
Un enjeu de société
Au-delà des chiffres, c'est la question de la protection des jeunes travailleurs qui est posée. Chaque année, des centaines de jeunes sont victimes d'accidents graves, parfois mortels, alors qu'ils débutent leur vie professionnelle. Les syndicats rappellent que la prévention est un investissement, pas un coût, et qu'il est urgent d'agir.



