Alors que la rentrée universitaire approche, des milliers d'étudiants se retrouvent sans logement, confrontés à une pénurie de logements sociaux et à une hausse vertigineuse des loyers. Un rapport parlementaire, rendu public par la députée écologiste Léa Balage El Mariky, tire la sonnette d'alarme sur cette situation, qualifiée de « catastrophe sociale ».
Un marché immobilier inaccessible pour les étudiants
Selon le rapport, le nombre de logements étudiants sociaux a chuté de 12 % en cinq ans, passant de 175 000 à 154 000 unités. Parallèlement, les loyers dans le parc privé ont bondi de 18 % en moyenne sur la même période, dépassant souvent les 600 euros par mois pour un studio dans les grandes villes. « C'est une double peine pour les étudiants : moins d'offre et des prix qui explosent », explique Léa Balage El Mariky, autrice du rapport.
La situation est particulièrement critique à Paris, Lyon, Bordeaux et Montpellier, où le taux d'effort des étudiants pour se loger dépasse les 50 % de leur budget. « Beaucoup sont contraints de se tourner vers des solutions précaires, comme les colocations surpeuplées, les foyers ou même la rue », ajoute la députée.
Des solutions insuffisantes et des inégalités territoriales
Le rapport pointe du doigt l'échec des politiques publiques en matière de logement étudiant. Le plan « Logement étudiant » annoncé par le gouvernement en 2021, qui promettait la construction de 60 000 logements d'ici 2027, n'a abouti qu'à 12 000 nouvelles unités, soit un retard de 80 % sur l'objectif. « Les annonces ne se traduisent pas en actes concrets sur le terrain », déplore Léa Balage El Mariky.
Les disparités régionales sont également frappantes. Alors que l'Île-de-France concentre 35 % des étudiants, elle ne dispose que de 20 % des logements étudiants sociaux. « Il faut une répartition plus équitable des moyens et une meilleure coordination entre les universités, les collectivités et l'État », insiste le rapport.
Des conséquences directes sur la réussite et la santé des étudiants
Cette crise du logement a des répercussions directes sur la vie des étudiants. Selon une enquête de l'Observatoire de la vie étudiante (OVE) citée dans le rapport, 28 % des étudiants déclarent avoir des difficultés à se loger, et 15 % d'entre eux ont déjà connu une situation de sans-abrisme ou d'hébergement précaire. « Le mal-logement est un frein majeur à la réussite universitaire », souligne Léa Balage El Mariky.
Les conséquences sur la santé mentale sont également alarmantes. Le rapport indique que 40 % des étudiants en situation de mal-logement présentent des symptômes dépressifs, contre 20 % dans la population étudiante générale. « On ne peut pas accepter que des jeunes qui se forment pour l'avenir du pays vivent dans des conditions indignes », conclut la députée.
Face à cette urgence, le rapport préconise une série de mesures, dont le doublement du budget dédié au logement étudiant, la création d'un fonds d'urgence pour les sans-abri, et la mise en place d'un plafonnement des loyers dans les zones tendues. « Il est temps d'agir avant que la situation ne devienne irréversible », avertit Léa Balage El Mariky.



