Face au vieillissement de la population, l’exécutif souhaite accélérer le déploiement de logements intermédiaires pour permettre aux personnes âgées de vivre chez elles sans isolement. Le gouvernement a réaffirmé jeudi 7 mai sa volonté d’accélérer le déploiement de l’habitat partagé face au défi démographique et au souhait des Français de « vieillir chez eux sans être seuls ».
Une feuille de route conjointe
« Dans les prochaines semaines, une feuille de route conjointe sera élaborée avec les acteurs du secteur », indique un communiqué conjoint de Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l’Autonomie, et de Vincent Jeanbrun, ministre du Logement. Cette feuille de route se basera sur les recommandations émises par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD), qui jugent notamment nécessaire un « doublement du parc d’habitat partagé à horizon 2040 », selon le communiqué.
Qu’est-ce que l’habitat partagé ?
L’habitat partagé, ou habitat intermédiaire, est un logement à mi-chemin entre la vie à domicile et la vie collective en établissement. Les résidents – personnes âgées ou en situation de handicap – y occupent des logements privatifs tout en partageant des espaces communs et un projet de vie sociale.
Une politique d’adaptation des logements
« Face au vieillissement de la population et au défi du handicap, nous devons proposer des solutions de logement plus humaines, plus souples et plus adaptées aux parcours de vie des Français », souligne Vincent Jeanbrun dans le communiqué. « Cette ambition s’inscrit dans une politique plus large d’adaptation des logements », ajoute-t-il, faisant état de « plus de 36 000 logements adaptés en 2025 » via le dispositif MaPrimeAdapt et tablant sur « 41 000 logements adaptés supplémentaires » en 2026.
Chiffres clés de l’habitat partagé
Selon des données diffusées fin 2025 par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), l’habitat partagé concerne à l’heure actuelle près de 275 000 personnes, réparties notamment entre :
- les résidences autonomie (120 000),
- les résidences services seniors (105 000),
- les habitats inclusifs (8 000),
- les résidences intergénérationnelles (13 000).
Un contexte de vieillissement démographique
Cette annonce survient dans un contexte de vieillissement de la population française. Début 2024, les plus de 60 ans représentaient plus d’une personne sur quatre (27,7 %) contre 19,6 % en 1994. Les plus de 75 ans devraient quant à eux passer de 10,4 % de la population à 16,4 % en 2050, selon l’Insee. Ces chiffres soulignent l’urgence de développer des solutions adaptées pour permettre aux aînés de bien vieillir, tout en luttant contre l’isolement social.



