Encadrement des loyers : « Non, on ne peut pas se contenter de laisser faire le marché »
Encadrement des loyers : laisser faire le marché ? « Non »

Alors que les prix des loyers continuent de flamber dans les grandes villes françaises, le député La France insoumise (LFI) a déposé une proposition de loi visant à renforcer l'encadrement des loyers. Dans un entretien accordé à Libération, il explique pourquoi il est urgent de réguler le marché immobilier.

Un constat alarmant

Selon le député, la situation actuelle est intenable pour de nombreux ménages. « Les loyers ont augmenté de près de 20 % en cinq ans dans les métropoles, tandis que les salaires stagnent », déplore-t-il. Il pointe du doigt la loi de 2018 qui a assoupli le dispositif d'encadrement des loyers, permettant aux propriétaires de fixer des prix excessifs.

Les limites du marché

Pour le parlementaire, laisser faire le marché ne peut pas être une solution. « Le logement est un droit, pas une marchandise. Quand on laisse le marché décider, on exclut les classes moyennes et populaires des centres-villes », affirme-t-il. Il cite l'exemple de Paris, où le prix au mètre carré atteint des sommets, poussant les familles à s'éloigner des commodités.

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Les mesures proposées

La proposition de loi prévoit plusieurs mesures concrètes :

  • Un plafonnement strict des loyers basé sur un indice de référence, avec des pénalités en cas de non-respect.
  • Un encadrement des locations saisonnières type Airbnb, qui réduisent l'offre de logements permanents.
  • Une meilleure protection des locataires contre les expulsions abusives et les hausses injustifiées.

Le député insiste sur la nécessité d'une application nationale : « Il ne faut pas que cela reste une option pour les villes volontaires. L'État doit imposer des règles uniformes pour éviter les disparités territoriales. »

Des critiques attendues

Cette proposition suscite déjà des réactions du côté des propriétaires et des promoteurs immobiliers. Ils arguent que l'encadrement des loyers décourage l'investissement et réduit la qualité des logements. Mais le député rétorque : « Ces arguments sont fallacieux. Dans les pays où l'encadrement est strict, comme l'Allemagne, le marché locatif est sain et les logements sont de qualité. »

Un enjeu de société

Au-delà de l'aspect économique, le député souligne l'impact social de la crise du logement. « Des familles entières vivent dans des conditions indignes, des étudiants dorment dans leur voiture. C'est une urgence nationale », conclut-il. Il espère que sa proposition sera débattue rapidement à l'Assemblée nationale.

Alors que le gouvernement reste prudent sur le sujet, cette initiative relance le débat sur la régulation du marché immobilier. Une chose est sûre : la question de l'encadrement des loyers sera au cœur des prochaines échéances électorales.

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