Mark Zuckerberg devant la justice : le patron de Meta confronté aux accusations d'addiction des jeunes
Zuckerberg face aux accusations d'addiction des jeunes sur Instagram

Le patron de Meta face à la justice américaine

Le PDG de Meta, Mark Zuckerberg, a passé six heures à témoigner devant un jury populaire à Los Angeles, une première pour le dirigeant, dans le cadre d'un procès historique concernant l'addiction des jeunes aux réseaux sociaux. Le fondateur de Facebook, Instagram et WhatsApp a défendu son entreprise avec ardeur, parfois montrant des signes d'agacement, face aux accusations portées par des milliers de familles américaines.

Des regrets tardifs sur la protection des mineurs

Mark Zuckerberg a publiquement reconnu que Meta aurait pu agir plus tôt pour limiter la présence des utilisateurs de moins de 13 ans sur Instagram. « Je me dis que nous aurions pu en arriver là plus tôt », a-t-il déclaré lors de son audition sous serment. Le réseau social n'a commencé à demander systématiquement la date de naissance pour la création de comptes qu'en 2019, étendant cette obligation aux utilisateurs existants en 2021 avant de vérifier progressivement la véracité de ces déclarations à partir de 2022.

L'avocat de la plaignante, Mark Lanier, a produit un document interne datant de 2018 qui révélait qu'en 2015, Instagram estimait à quatre millions le nombre de comptes appartenant à des enfants de moins de 13 ans. Selon ces estimations, 30% des 10-12 ans américains utilisaient déjà le réseau social à cette époque.

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Un procès test pour des milliers de plaintes

Douze jurés d'une cour civile doivent déterminer d'ici fin mars si YouTube et Instagram sont partiellement responsables des problèmes de santé mentale rencontrés par Kaley G.M., une Californienne de 20 ans. Cette jeune femme s'était inscrite sur Instagram en cachette dès l'âge de 9 ans en 2015, développant par la suite une consommation intensive des réseaux sociaux.

Ce premier dossier et deux autres similaires, qui seront jugés à Los Angeles d'ici l'été, servent de tests pour résoudre les milliers de plaintes accusant les réseaux sociaux d'être responsables :

  • D'une épidémie de dépression chez les jeunes
  • De troubles anxieux généralisés
  • De cas d'anorexie et autres troubles alimentaires
  • De suicides parmi les adolescents

La défense de Zuckerberg : de la maximisation du temps à la valeur ajoutée

L'avocat de Kaley G.M. a confronté Mark Zuckerberg avec un document de décembre 2015 dans lequel le dirigeant fixait personnellement comme objectif d'augmenter de 12% sur trois ans le temps moyen passé sur Instagram. « Nous avions ces objectifs », a reconnu le PDG, « mais au bout d'un moment, j'ai décidé qu'il ne fallait plus que nos équipes aient des objectifs de temps passé, et nous nous sommes concentrés sur l'utilité et la valeur ».

Interrogé sur des documents internes de 2022 fixant des « jalons » ambitieux (atteindre 40 minutes par jour et par utilisateur en 2023, jusqu'à 46 minutes en 2026), Zuckerberg a contesté qu'il s'agisse d'objectifs, les présentant plutôt comme des indicateurs de satisfaction des utilisateurs.

Des outils de régulation peu utilisés

Le patron de Meta a vanté les outils de régulation mis en place pour aider les parents et les jeunes, mais la partie adverse a produit un document de 2023 révélant que seulement 1,1% des adolescents utilisaient la fonction « temps limite quotidien » et 2% la fonction « faites une pause ». Face à ces chiffres, Zuckerberg a maintenu sa position, affirmant que le temps passé sur l'application était un « effet secondaire » d'une expérience de qualité.

Une responsabilité partagée selon Zuckerberg

Le dirigeant a profité de son interrogatoire pour exprimer sa conviction que Apple et Google, qui commercialisent les systèmes d'exploitation de la plupart des smartphones, devraient organiser la vérification de l'âge au niveau de l'appareil plutôt que de laisser chaque application s'en charger individuellement. Cette position souligne la complexité de la régulation dans un écosystème numérique fragmenté.

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Il est important de noter que seule la conception des applications est concernée par les débats judiciaires, car la loi américaine exonère quasi totalement les plateformes de responsabilité pour les contenus publiés par les utilisateurs. TikTok et Snapchat, bien que concernés par les autres plaintes, ont préféré signer un accord confidentiel avec Kaley G.M. avant le début du procès.