Violences sexuelles sur mineur : une mère dénonce l'inertie de la justice
Violences sexuelles : une mère dénonce l'inertie judiciaire

« C’est dur d’entendre un enfant dire "je vais me tuer j’en ai marre". » Claire, la maman de Lucas, a porté plainte en décembre 2023 après que son fils, alors âgé de 4 ans, lui a confié des violences sexuelles commises par un ami de la famille. Ce jour-là, l’homme était venu préparer le sapin de Noël avec l’enfant, quand, d’après le bambin, le pire est arrivé : « Maman j’ai encore mal aux fesses », raconte-t-il à sa mère, interrogée par France 2. Mais depuis la plainte, deux ans et sept mois se sont écoulés sans que la mère de famille n’ait eu de quelconque nouvelle de son dossier, ni que le suspect n’ait été entendu. « Quand on porte plainte, on est laissés à l’abandon. Que faut-il faire pour qu’il ait son statut de victime ? », dit-elle.

Selon nos informations, une information judiciaire a bien été ouverte en 2025. Mais il aura fallu un an et dix mois après la plainte pour que l’enfant bénéficie d’une expertise psychologique et le suspect n’a jamais fait l’objet d’une audition. Des délais qui font tache, alors même que la justice est sous le feu des critiques, après les dysfonctionnements révélés dans l’affaire Lyhanna.

Manque de moyens

Le parquet concerné nous confirme que l’homme n’a jamais été entendu : « C’est de la stratégie, explique-t-on. Pour le mettre sous contrôle judiciaire, il faut le mettre en examen et il faut des indices graves et concordants. Et c’est le juge d’instruction qui le décide. »

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D’après l’avocat de la famille, maître Anthony Winkel, contacté par 20 Minutes, la médiatisation de l’affaire aurait cependant mis en marche la justice : « Notre but c’était de faire bouger les choses, et les choses ont bougé depuis. Nous sommes satisfaits des répercussions qu’a pu avoir ce reportage. »

L’avocat rappelle aussi que le cas de sa cliente et de son enfant est loin d’être isolé. D’après un rapport d’inspection générale que s’est procuré 20 Minutes, il n’y a aucun acte d’investigation dans les trois quarts des affaires, et la justice fait face à un cruel manque de moyens : la France possède par exemple le pire ratio d’Europe pour le nombre de procureurs, avec 3,18 magistrats pour 100.000 habitants, bien en dessous de la médiane européenne de 11,2.

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