Vierzon : la mairie d'extrême droite annule la commémoration de l'abolition de l'esclavage
Vierzon : annulation de la commémoration de l'abolition de l'esclavage

Pour la première fois à Vierzon, la journée nationale de commémoration de l'abolition de l'esclavage ne sera pas célébrée. La nouvelle municipalité d'extrême droite a décidé d'annuler la cérémonie prévue ce dimanche 10 mai 2026, place Aimé-Césaire. Cette décision, rapportée par ICI Centre-Val de Loire et Le Berry républicain, suscite l'indignation.

Des justifications controversées

Yves Husté, adjoint au maire chargé de la Jeunesse, de l'Enseignement supérieur et des Anciens combattants, assume ce choix. Il avance d'abord un argument réglementaire : selon lui, la journée du 10 mai ne figurerait pas parmi les 12 dates officielles de commémorations nationales. Pourtant, le décret du 31 mars 2006, signé par Jacques Chirac, institue bien une commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage à cette date.

L'élu invoque également la faible affluence : « Il y avait très peu de gens. C'est un fait historique, c'est-à-dire que l'on n'est pas près de revoir des hommes qui vont faire le commerce d'autres hommes, qui vont les entraver avec des chaînes au cou pour vendre ces hommes, selon le travail qu'ils peuvent produire. Qui peut croire ça aujourd'hui ? » Enfin, il justifie l'annulation par des raisons budgétaires, évoquant un coût de 1 500 euros pour la cérémonie, dans un contexte où la ville cherche à réaliser des économies.

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Une réaction indignée

Nicolas Sansu, député du Cher et membre du groupe Gauche, démocrate et républicaine à l'Assemblée nationale, dénonce une décision révélatrice : « Une municipalité d'extrême droite ne veut pas faire la cérémonie de l'abolition de l'esclavage et de la traite des êtres humains, donc ça montre la réalité. » Il balaye l'argument financier : « Ça coûte un bouquet de fleurs, un micro que l'on met dehors et on dit un mot, donc ce n'est pas la question du coût. C'est une faute de la part de la municipalité d'extrême droite. »

Une contre-cérémonie organisée

En réaction, Nicolas Sansu organise lui-même une cérémonie ce dimanche à 11 heures, place Aimé-Césaire. Le rassemblement prendra une dimension particulière avec la présence de Christelle Césaire, petite-nièce du poète et homme politique martiniquais Aimé Césaire, qui vit à Vierzon et lira des poèmes de son aïeul.

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