Rencontre au ministère de la justice pour écouter les victimes de violences
Ce mardi 17 février, sous le grand lustre en cristal d'un salon du premier étage du ministère de la justice, quinze fauteuils à larges accoudoirs ont été installés. Sept d'entre eux étaient occupés par des victimes, uniquement des femmes sélectionnées par la chancellerie, parfois accompagnées de leur avocat. Ces femmes attendent un procès qui ne vient toujours pas après des années de procédure judiciaire.
Gérald Darmanin à l'écoute des doléances
Devant elles, Gérald Darmanin, le garde des sceaux, accompagné de deux membres de son cabinet, était présent pour, selon ses dires, écouter leur parole. Il cherchait des solutions pour réduire des délais souvent insupportables et améliorer une justice qui s'adresse plutôt mal à ses usagers et à ses victimes. Sur les côtés, assis sur des chaises, deux psychologues avaient été mobilisés, au cas où.
Nathalie, dont le prénom a été changé comme celui de toutes les autres victimes, a été la première à prendre la parole. Après six ans de procédure, vous êtes la première personne à qui je peux dire que la justice nous laisse seule, nue, dans un silence interminable, a-t-elle déclaré. Pour des faits de viol, elle a déposé une plainte en 2019. L'instruction a été close en 2023, et depuis, plus rien. Silence total. Elle ne sait toujours pas quand elle pourra espérer un procès.
Des lacunes dans le suivi des victimes
Vous avez été reçue par un magistrat instructeur, un greffier ?, lui a demandé Gérald Darmanin. Jamais. C'est la première fois que je suis reçue dans cette affaire, a-t-elle répondu. Son avocate, Me Clémentine Vergnais, a précisé que, pour des raisons psychologiques, elle avait refusé la confrontation avec son agresseur.
Cette rencontre met en lumière les difficultés persistantes rencontrées par les victimes de violences dans le système judiciaire français. Les délais de procédure, souvent longs et éprouvants, laissent de nombreuses personnes dans l'attente et l'incertitude. Le ministère de la justice cherche désormais à améliorer cet accueil et ce suivi, en promettant des actions concrètes pour réduire ces délais et offrir un meilleur accompagnement aux victimes.



