Les trente glorieuses de Cantaloube : vieilles affaires marseillaises
Trente glorieuses de Cantaloube : affaires marseillaises

Le journaliste Thomas Cantaloube publie un ouvrage intitulé Les Trente Glorieuses, dans lequel il explore les réseaux politico-judiciaires de Marseille. Le livre, paru aux éditions La Fabrique, revient sur des affaires emblématiques de la cité phocéenne, mêlant politique, police et justice.

Un retour sur les années fastes du système marseillais

L'auteur, connu pour ses enquêtes sur les liens entre la police et la justice, décrit une période allant des années 1980 aux années 2010, marquée par une concentration de pouvoirs et des affaires non résolues. Selon lui, ces trente années ont vu émerger un système où les frontières entre le légal et l'illégal se sont estompées.

Cantaloube s'attarde notamment sur le rôle de figures locales comme le juge Jean-Pierre Murciano, impliqué dans des scandales de corruption. Il cite des documents judiciaires qui montrent comment les magistrats et les policiers ont parfois fermé les yeux sur des trafics.

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Des affaires qui refont surface

Le livre évoque l'affaire des écoutes téléphoniques illégales, où des policiers ont espionné des avocats et des journalistes. Cantaloube écrit : "Ces pratiques étaient connues mais rarement poursuivies, car elles servaient les intérêts de certains." Il ajoute que le système marseillais a prospéré grâce à une omerta collective.

Un autre chapitre traite de l'affaire des frères Guérini, figures du grand banditisme local. L'auteur montre comment leur influence s'est étendue jusqu'aux hautes sphères de l'État. Selon une source citée dans le livre, "Marseille était devenue une zone de non-droit où les affaires se réglaient entre initiés".

Un constat alarmant pour la démocratie

Pour Cantaloube, ces trente glorieuses ont laissé des séquelles durables. Il estime que les réformes récentes n'ont pas suffi à nettoyer les institutions. "Le système a changé de forme mais la culture de l'impunité persiste", déclare-t-il dans une interview à Libération.

Le livre a suscité des réactions contrastées à Marseille. Certains élus locaux dénoncent un réquisitoire partial, tandis que des magistrats saluent un travail d'investigation nécessaire. L'ouvrage, qui compte 320 pages, a été tiré à 5 000 exemplaires.

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