Sophie Binet mise en examen pour diffamation après des propos sur Tefal
Sophie Binet mise en examen pour diffamation contre Tefal

La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a annoncé lundi 25 mai 2026 sa mise en examen pour diffamation après une plainte déposée par l'entreprise Tefal. La syndicaliste avait dénoncé ce qu'elle qualifie de « répression patronale violente » visant une déléguée syndicale du groupe en Haute-Savoie, impliquée dans le dossier des polluants éternels PFAS.

Des propos jugés diffamatoires par Tefal

Sophie Binet a expliqué sur France 2 avoir appris vendredi sa mise en examen, suite à des déclarations faites lors de la Fête de l'Humanité. Elle y avait dénoncé « la répression syndicale qui sévit à Tefal », ajoutant que l'entreprise « ose poursuivre la secrétaire générale de la CGT ». Selon elle, « Tefal pratique tellement la répression syndicale qu'elle ose poursuivre la secrétaire générale de la CGT ».

Le contexte : les PFAS et la déléguée syndicale

La CGT alerte depuis plusieurs mois sur les dangers des PFAS, des composés chimiques utilisés dans la fabrication des poêles Tefal. Une déléguée syndicale de l'entreprise avait été sanctionnée en interne pour avoir demandé des précisions sur ces substances et leur impact sur la santé des salariés. C'est en soutenant cette déléguée que Sophie Binet avait tenu ses propos, qualifiant la situation de « répression patronale violente ».

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Une procédure automatique contestée

La mise en examen est automatique en cas de plainte pour diffamation. Sophie Binet a indiqué que la CGT allait « contester aux prud'hommes la semaine prochaine » la sanction disciplinaire infligée à la déléguée syndicale. Elle estime que « par cette procédure, Tefal confirme l'ampleur de la répression syndicale » et que l'entreprise « essaie de bâillonner les syndicalistes qui s'expriment sur les conditions de travail ou l'impact environnemental des productions ».

Un appel à une protection législative

Sophie Binet a souligné que « la quasi-totalité des syndicalistes du pays pourraient être mis en examen » si de telles pratiques se généralisaient. Elle a appelé les législateurs « à enfin mettre sur le tapis une loi pour protéger la liberté d'expression et la liberté syndicale qui aujourd'hui est en danger ». Ce n'est pas la première fois que la secrétaire générale de la CGT est poursuivie : elle avait déjà été mise en examen en décembre pour « injure publique » après avoir qualifié les patrons de « rats qui quittent le navire » dont « le seul objectif est l'appât du gain ».

Cette affaire met en lumière les tensions entre les syndicats et les entreprises sur les questions de santé au travail et de liberté d'expression. La CGT promet de poursuivre son combat contre les PFAS et pour la protection des droits syndicaux.

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