L'eurodéputée LFI Rima Hassan saisit le Défenseur des droits après des fuites médiatiques
Rima Hassan saisit le Défenseur des droits après des fuites

L'eurodéputée LFI Rima Hassan saisit le Défenseur des droits après des fuites médiatiques

L'eurodéputée La France insoumise Rima Hassan a officiellement saisi le Défenseur des droits, Claire Hédon, pour demander l'ouverture d'une enquête suite aux fuites médiatiques survenant lors de sa garde à vue début avril. La responsable politique franco-palestinienne dénonce une série de manquements graves de la part des policiers du 2e district de police judiciaire de Paris.

Des révélations erronées sur une prétendue possession de drogue

Rima Hassan avait été convoquée et placée en garde à vue le 2 avril suite à une publication sur la plateforme X, effacée par la suite. À l'issue de cette garde à vue, le parquet de Paris avait indiqué qu'elle serait jugée pour apologie du terrorisme. Pendant sa détention, des fuites dans la presse avaient fait état de la présence de drogue de synthèse dans ses affaires, spécifiquement mentionnant de la 3-MMC.

La défense de l'eurodéputée affirme que Rima Hassan avait pourtant indiqué spontanément aux policiers qu'il s'agissait de CBD acheté légalement. Selon ses avocats, cette déclaration ne figure pas dans le procès-verbal, qu'elle a refusé de signer. Les policiers auraient mentionné la drogue de synthèse sans test approfondi, de façon hâtive et injustifiée, et auraient même nommé le scellé « 3-MMC » avant toute analyse en laboratoire.

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Une enquête rapidement classée sans suite

L'enquête pour détention de stupéfiants a été démentie plus tard et classée sans suite le 9 avril, après que les analyses toxicologiques se sont révélées négatives le 4 avril. Le parquet de Paris rappelle traiter 350 000 nouvelles procédures par an et qualifie ce traitement de particulièrement rapide.

« Au vu de la gravité des manquements susceptibles d'avoir été commis, il est indispensable qu'une enquête intervienne rapidement », a déclaré Vincent Brengarth, l'avocat de Rima Hassan. Le Défenseur des droits a confirmé avoir été saisi.

Des investigations jugées disproportionnées

La défense de l'eurodéputée dénonce également une série d'investigations qu'elle estime totalement disproportionnées :

  • Étude de la géolocalisation de son téléphone sur trois mois
  • Exploitation de son emploi du temps personnel et professionnel
  • Recherches auprès de compagnies comme Air France

Mediapart s'est penché sur ces investigations menées sous l'autorité du parquet dans une enquête publiée jeudi. « Ces informations sont très graves et portent atteinte à l'État de droit », a commenté l'équipe de la parlementaire européenne.

Réactions politiques et procédurales

À l'Assemblée Nationale, La France insoumise a dénoncé ce jeudi un scandale d'État. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a appelé au respect de « l'État de droit » et de « la séparation des pouvoirs ».

Parallèlement, une enquête pour violation du secret de l'enquête a été ouverte le 3 avril. Rima Hassan a porté plainte de son côté, s'appuyant notamment sur un article du Canard Enchaîné qui affirme que le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, a échangé avec plusieurs journalistes pendant son audition.

M. Straub-Kahn a dénoncé des « allégations mensongères » et porté plainte pour diffamation. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a saisi l'Inspection générale de la justice sur ces fuites présumées.

La défense de Rima Hassan estime que les fuites dans la presse peuvent avoir été favorisées par l'anonymat des fonctionnaires et que la garde à vue a été émaillée de tensions, intervenant après une insistance des policiers à vouloir faire figurer l'information sur la prétendue drogue dans le procès-verbal.

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