Relaxe de Zemmour et du RN : l'émotion des enseignants
Relaxe de Zemmour et du RN : émotion des enseignants

La communauté enseignante est sous le choc après la décision du tribunal correctionnel de Paris de relaxer Éric Zemmour et deux responsables du Rassemblement National (RN), poursuivis pour diffamation par une professeure de collège.

Les faits reprochés

En septembre 2023, lors d'une émission sur CNews, Éric Zemmour avait déclaré que certains enseignants "imposent une vision racialiste et décolonialiste" à leurs élèves. Il avait notamment visé une professeure d'histoire-géographie d'un collège de Seine-Saint-Denis, l'accusant de "propager des théories complotistes". Deux responsables du RN, dont un député européen, avaient relayé ces propos sur les réseaux sociaux.

La décision de justice

Le tribunal a estimé que les propos incriminés relevaient du débat d'idées et non de la diffamation. Il a considéré que la professeure, en tant que personne publique engagée dans des débats sociétaux, devait accepter une plus grande marge de critique. Cette décision a provoqué l'incompréhension et la colère parmi les syndicats enseignants.

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Réactions syndicales

Le SNES-FSU, premier syndicat du second degré, a dénoncé une "décision scandaleuse" qui "encourage la diffamation" et "affaiblit la protection des enseignants". Le SE-Unsa a exprimé sa "consternation" et craint que ce jugement n'ouvre la voie à des attaques répétées contre les professeurs. De nombreux enseignants ont exprimé leur soutien à leur collègue sur les réseaux sociaux, avec le hashtag #SoutienEnseignants.

Une professeure déterminée

La plaignante, qui a fait savoir qu'elle allait faire appel, a déclaré : "Je ne peux accepter que l'on puisse impunément salir la réputation d'un enseignant qui fait son travail. Cette décision est un signal dangereux pour la liberté pédagogique." Elle est soutenue par plusieurs associations de défense des droits des enseignants.

Les arguments de la défense

Les avocats d'Éric Zemmour et des responsables du RN ont salué une décision "conforme à la liberté d'expression". Ils ont soutenu que leurs clients avaient critiqué des méthodes pédagogiques, non la personne elle-même. L'avocat de Zemmour a déclaré : "Il ne s'agit pas de diffamation mais d'un débat légitime sur l'éducation."

Un contexte tendu

Cette affaire intervient dans un climat de tensions récurrentes entre certains politiques et le corps enseignant. Depuis plusieurs années, les professeurs sont régulièrement pris pour cible dans des polémiques sur les programmes scolaires ou les méthodes pédagogiques. Les syndicats appellent à une manifestation nationale pour défendre la "dignité et la protection" des enseignants.

Le ministère de l'Éducation nationale a pris acte de la décision, rappelant "son soutien indéfectible aux personnels enseignants" et attendant les suites judiciaires. Une réunion d'urgence avec les syndicats est prévue dans les prochains jours.

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