Les pourvois en cassation déposés par le frère et la nièce de Dany Leprince ont été rejetés par la Cour de cassation mercredi. Solène Leprince, seule rescapée du massacre familial de 1994, et son oncle Alain Leprince demandaient la mise en examen de Martine Compain, ex-femme de Dany Leprince, pour complicité dans le quadruple meurtre commis à Thorigné-sur-Dué, dans la Sarthe. Cette décision met un terme aux tentatives de ses proches de faire basculer Martine Compain du statut de témoin assisté à celui de mise en examen.
Une procédure judiciaire complexe
Martine Compain avait été placée sous le statut de témoin assisté en avril 2024, après une plainte avec constitution de partie civile déposée au Mans par Robert Leprince, père de Dany. Le parquet du Mans avait requis sa mise en examen pour complicité de meurtre, un statut plus contraignant, en raison notamment du « caractère très évolutif » de ses déclarations, de la probable « pluralité » d’auteurs et de l’utilisation de deux armes lors du crime. Cependant, la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Angers a rejeté cette demande, conduisant les proches de Dany Leprince à se pourvoir en cassation.
La réaction des avocats de Martine Compain
Les avocats de Martine Compain, Vincent Brengarth, Colomba Grossi et William Bourdon, se sont réjouis de cette décision : « Notre cliente n’a jamais été mise en cause, en plus de trente ans de procédure. Elle a été injustement exposée à des accusations répétées sans aucun fondement. Aujourd’hui, la justice confirme qu’il n’existe pas d’éléments justifiant de la poursuivre pour quelque infraction que ce soit. »
Le quadruple meurtre de 1994
Le 4 septembre 1994, Christian Leprince, frère de Dany, son épouse et deux de leurs filles, âgées de sept et dix ans, ont été retrouvés massacrés à l’arme blanche dans leur pavillon de Thorigné-sur-Dué. Seule leur fillette de deux ans, Solène, a survécu. Martine Compain et Célia, fille aînée de Dany Leprince, avaient alors accusé ce dernier du quadruple meurtre. Dany Leprince avait partiellement avoué avant de se rétracter, et a été condamné à la réclusion à perpétuité avec 22 ans de sûreté en 1997.
La procédure en révision
Après avoir purgé 18 ans de prison, Dany Leprince, aujourd’hui âgé de 69 ans et résidant dans le Lot-et-Garonne, milite pour obtenir l’annulation de sa condamnation et un nouveau procès. Il a réaffirmé son innocence le 7 mai lors d’une audience devant la Cour de révision, qui doit rendre sa décision le 2 juillet. Cette procédure est distincte de la plainte avec constitution de partie civile déposée par ses proches, désormais close par le rejet des pourvois.



