Christian Egloff, 47 ans, a été mis en examen et écroué dimanche 12 juillet 2026 pour le viol d’une étudiante à Aix-en-Provence, quelques semaines seulement après sa libération. Cet habitant de Puget-Théniers avait déjà été condamné en 2013 à 18 ans de réclusion pour une série de six crimes sexuels commis à Nice en 2010.
Un mode opératoire identique
Dans la nuit du 10 au 11 juillet, une étudiante de 19 ans sort de la cité universitaire des Gazelles pour fuir la chaleur. Un homme la contraint à monter dans son véhicule sous la menace d’une arme, l’emmène à plusieurs kilomètres et la viole. Le procureur d’Aix-en-Provence a confirmé les faits, s’appuyant sur les révélations de La Provence. Selon une source policière, la jeune femme a composé le 17 sur son portable sans parler, mais les équipes de nuit n’ont pu localiser la voiture à temps.
Ce mode opératoire est similaire à celui employé par Christian Egloff en 2010 à Nice. À l’époque, il repérait ses proies aux abords d’établissements scolaires ou de résidences universitaires. En six mois, il avait commis six viols, tentatives de viol ou agressions sexuelles sur des femmes âgées de 16 à 28 ans, incluant des enlèvements, séquestrations et extorsions.
Une libération récente et une récidive rapide
Christian Egloff avait été libéré le 6 juin 2026 après avoir purgé 15 ans de réclusion. Les six derniers mois s’étaient déroulés sous le régime du placement extérieur, « sans incident », selon le procureur Jean-Luc Blachon. Sa peine initiale de 18 ans était assortie d’une mesure de sûreté des deux tiers et d’une obligation de suivi socio-judiciaire.
Le 17 janvier 2013, la cour d’assises des Alpes-Maritimes l’avait condamné pour cinq des six crimes qu’il avait reconnus. L’avocat général Éric Camous avait requis 20 ans, la peine maximale. Lors du procès, Christian Egloff avait déclaré : « Je sais que c’est mal, mais c’est plus fort que moi. »
Un parcours marqué par l’abandon
Christian Egloff a été abandonné par sa mère biologique à l’âge de 9 mois. Après une enfance chaotique entre la DDASS et des familles d’accueil, il a trouvé des parents adoptifs exemplaires, s’est marié et est devenu père. Cependant, il n’a jamais surmonté un profond sentiment de rejet ni cessé sa délinquance. Lors du procès de 2013, son avocate, Me Audrey Vazzana, avait décrit un homme souffrant d’« absence de structuration au niveau des affects, en recherche d’amour et de possession ».
Interpellation et mise en examen
Après l’agression d’Aix, la victime a eu la présence d’esprit de relever le numéro de plaque d’immatriculation de son agresseur. Les policiers l’ont interpellé rapidement. Selon La Provence, Christian Egloff est passé aux aveux lors de sa première audition. Il a été présenté à un juge d’instruction et mis en examen pour enlèvement, séquestration, viols et agressions sexuelles avec menace ou usage d’une arme, et menaces de mort, le tout en état de récidive légale.



