Six organisateurs de rave-party jugés à Bergerac pour non-respect d'un arrêté préfectoral
Rave-party illégale : six organisateurs jugés à Bergerac

Six organisateurs de fête illégale face à la justice bergeracoise

Ce vendredi 16 janvier, le tribunal de police de Bergerac (Dordogne) a jugé six individus accusés d'avoir organisé un rassemblement festif non autorisé à Saint-Avit-de-Vialard les 23 et 24 août 2025. Les prévenus, visiblement intimidés par la procédure judiciaire, ont dû répondre de leurs actes devant le président Stéphane Génicon.

Un groupe hétéroclite d'organisateurs

Parmi les six hommes traduits en justice, cinq sont âgés d'une vingtaine d'années tandis que le sixième, quinquagénaire, se distingue par son statut de propriétaire du champ où s'est déroulée la célèbre rave-party. Cet événement avait attiré pas moins de 350 participants, dépassant largement les attentes des organisateurs.

Le principal organisateur a témoigné avec franchise : « J'ai envoyé le premier message à un copain pour lui proposer de faire cette fête et j'ai appelé le propriétaire pour lui demander son champ, mais je ne m'attendais pas du tout à autant de monde ». Les autres prévenus, originaires de Dordogne, de Gironde, du Lot-et-Garonne ou de Corrèze, ont tous contribué à l'événement en apportant du matériel, à l'exception d'un seul qui affirme être venu « en stop ».

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La défense et les arguments des prévenus

Les jeunes organisateurs se présentent comme des militants d'une « culture » et se disent volontaires pour faire « avancer les choses petit à petit ». Pourtant, lors de l'audience, ils ont juré ne plus jamais participer à ce type de festivités. Ils affirment généralement n'avoir pas eu connaissance des arrêtés préfectoraux interdisant ces rassemblements dans le département.

L'un d'eux a expliqué : « Je ne pensais pas qu'il y avait forcément besoin de demander une autorisation puisque le propriétaire était d'accord ». Face aux interrogations du président sur les « risques » potentiels, les prévenus ont rappelé les mesures de sécurité mises en place : un accès pompier, un stand de réduction des risques et plusieurs extincteurs.

Le débat juridique autour de l'événement

La défense, assurée par Me Marianne Rostan pour cinq des six prévenus, a plaidé la relaxe. L'avocate parisienne, spécialiste de ce type d'affaires, a soutenu qu'il n'y avait pas eu de « constatation montrant des risques avérés ». Elle a également contesté le pouvoir du préfet d'interdire des rassemblements de moins de 500 personnes.

« Le préfet n'a pas le pouvoir d'interdire des rassemblements de moins de 500 personnes », a affirmé Me Rostan. « Et quand le propriétaire est averti, comme ici, il se retrouve à la barre alors qu'il n'a pas participé à l'organisation. C'est toujours la même difficulté, une rave-party déclarée, ça n'existe pas. »

Le procureur Gaël Bellet a cependant estimé que cette free-party remplissait les critères d'un « événement soumis à déclaration » et a donc requis des sanctions.

Les réquisitions du procureur et les enjeux matériels

Les prévenus, plutôt insérés socialement et vivant pour la plupart chez leurs parents, ont peu ou pas d'antécédents judiciaires. Un seul avait déjà écopé d'une amende pour des faits similaires. Leur principale inquiétude concerne la confiscation de leur matériel, évalué à près de 13 000 euros et qualifié de « nerf de la guerre » par le procureur.

Le procureur a requis :

  • La relaxe pour le propriétaire du champ et le jeune venu en stop
  • Des amendes de 500 euros pour trois autres prévenus
  • Une amende de 800 euros pour celui déjà condamné pour les mêmes raisons
  • La confiscation du matériel saisi

Me Marianne Rostan a qualifié cette dernière mesure de « disproportionnée », soulignant l'impact financier important pour les jeunes organisateurs. La décision du tribunal est attendue pour le 20 mars, laissant les prévenus dans l'attente de leur sort judiciaire.

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