Un psychiatre de Reims maintenu en détention provisoire pour des faits graves
Un psychiatre de 51 ans, visé par de nombreuses plaintes de patientes pour des actes de harcèlement et d'agressions sexuelles, a été maintenu en détention provisoire ce mardi à l'issue d'un débat contradictoire. Ce professionnel de santé avait préalablement été mis en examen mercredi dernier à Reims pour des accusations particulièrement lourdes, incluant un viol, cinq agressions sexuelles et dix faits de harcèlement sexuel, selon les informations communiquées par le parquet.
Des circonstances aggravantes qui alourdissent la peine
En raison de circonstances aggravantes directement liées à sa fonction médicale, ce médecin encourt des peines sévères : jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle pour le viol, sept ans d'emprisonnement pour les agressions sexuelles et trois ans pour les faits de harcèlement sexuel. Le procureur de Reims, François Schneider, a précisé que le cabinet du psychiatre avait fait l'objet d'une perquisition et que l'intéressé avait nié "l'intégralité des faits" durant sa garde à vue.
Des signalements précoces et des plaintes multiples
Dès le mois de mai 2025, le conseil départemental de la Marne de l'Ordre des médecins avait signalé ce praticien à la justice "pour des faits de nature sexuelle sur au moins cinq patientes, dont un fait pouvant être qualifié de viol", comme l'avait souligné M. Schneider la semaine dernière. En août 2025, une femme a déposé plainte pour agression sexuelle, suivie de deux nouvelles plaintes formulées durant la garde à vue du médecin, actuellement "en cours de traitement par les services enquêteurs et le parquet".
Une enquête d'ampleur auprès de la patientèle
Les enquêteurs ont contacté "l'ensemble de la patientèle féminine du médecin", soit 665 personnes. Parmi elles, "un grand nombre" ont répondu aux sollicitations, et une majorité a évoqué "des faits de nature sexuelle de tout ordre". Les témoignages recueillis décrivent des comportements inappropriés :
- Des "avances" répétées
- Des "caresses dans le dos et sur les cuisses non consenties"
- "Un discours sexualisé avec des compliments sur leur physique parfaitement déplacés"
- "De nombreuses questions sur leur sexualité"
Des prescriptions médicamenteuses abusives et dangereuses
Plusieurs patientes ont également rapporté aux enquêteurs que ce psychiatre leur avait prescrit des "anxiolytiques, hypnotiques ou antidépresseurs, à forte dose et sans justification médicale", substances ayant provoqué "de graves effets sur leur quotidien". Un témoignage particulièrement accablant concerne une patiente qui a déclaré avoir perdu connaissance lors d'une consultation après avoir ingéré un anxiolytique administré par le médecin, pour se réveiller en constatant qu'il était en train de la violer.
Une enquête qui s'étend à d'autres départements
Face à la gravité et à la récurrence des faits allégués, des vérifications doivent être menées dans l'Aisne, où le psychiatre avait également exercé. Cette affaire met en lumière des dérives graves au sein de la profession médicale et soulève des questions cruciales sur la protection des patients vulnérables.



