Six femmes unies face à leur ancien compagnon jugé pour violences extrêmes
Sur le banc des parties civiles, elles sont six. Six jeunes femmes dont les corps et les visages portent, selon les constatations médicales accumulées au fil des années, de nombreuses traces de souffrance. Les médecins ont relevé des hématomes, des brûlures, des griffures, des zones d'alopécie causées par des arrachages de cheveux, ainsi que des coups infligés avec des instruments tranchants.
Un procès historique à la cour criminelle de Loire-Atlantique
Lors de la première journée d'audience devant la cour criminelle de Loire-Atlantique, ce lundi 2 mars, ces six femmes se sont soutenues mutuellement dans la vaste salle du tribunal judiciaire de Nantes. Entre 2007 et 2021, toutes ont été les compagnes de l'homme de 38 ans aujourd'hui jugé pour des faits d'une extrême gravité.
L'accusé doit répondre de viols commis par personne ayant été conjoint ou concubin sur cinq de ces femmes. Il est également poursuivi pour violences habituelles sur quatre des plaignantes et pour actes de torture et de barbarie sur trois d'entre elles. Face à ces accusations, l'homme, vêtu d'une chemise blanche et d'un gilet gris, a adopté une position ambivalente.
« Je reconnais que je suis violent », a-t-il admis devant la cour. Cependant, il a catégoriquement nié « le reste », c'est-à-dire les viols et les actes de torture et de barbarie, affirmant : « ça non, jamais ».
Un dossier qui a hanté les enquêteurs
À la barre des témoins, le directeur d'enquête, qui était en poste au sein de la brigade de lutte contre les violences conjugales du service local de police judiciaire lors des investigations, est longuement revenu sur la genèse de ce dossier particulièrement complexe. Il a expliqué comment le dossier était devenu de plus en plus épais à mesure que les investigations progressaient.
« Plus je grattais, plus je trouvais… », a-t-il témoigné, ajoutant : « Je me demandais où ça allait s'arrêter. Ce dossier m'a hanté. J'en avais la nausée. » Ces propos révèlent l'impact émotionnel profond qu'a eu cette enquête sur les professionnels chargés de l'instruction.
Le début des investigations : une fuite désespérée
L'histoire judiciaire commence par la plainte d'une jeune femme de 20 ans en septembre 2021. Quelques jours plus tôt, pour échapper à son conjoint, cette plaignante au visage encore marqué par des bleus, mère d'une petite fille de 4 mois, avait sauté du balcon de son appartement situé au premier étage d'un immeuble près de Nantes.
Le suspect a été interpellé deux jours plus tard, alors qu'il se cachait chez un ami. Près de lui, les policiers ont découvert une arbalète approvisionnée, une arme avec laquelle il aurait visé la mère du bébé sans toutefois la blesser. Dans le mur du petit logement qu'ils partageaient, des impacts correspondant à des tirs ont été observés, confirmant la dangerosité de la situation.
Ce procès met en lumière le parcours judiciaire complexe de victimes de violences conjugales et les défis rencontrés par les forces de l'ordre pour constituer des dossiers solides face à des violences souvent dissimulées et répétées.



