Procès libyen : la défense de Guéant attaque Sarkozy
Procès libyen : Guéant attaque Sarkozy

Au procès du financement libyen, la défense de Claude Guéant s'en prend violemment à Nicolas Sarkozy

Ce mercredi, lors du procès retentissant du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, la défense de Claude Guéant, ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, a fustigé avec virulence l'attitude de son ancien mentor. Me Philippe Bouchez El Ghozi, avocat de Guéant, a dénoncé la « cruauté » et le « cynisme » de Nicolas Sarkozy, estimant que son client avait été utilisé comme un « fusible » par l'ancien chef de l'État.

Des accusations graves : L'avocat a rappelé que Claude Guéant, alors numéro deux de la police, avait été chargé par Sarkozy de gérer les relations avec les intermédiaires libyens. Selon la défense, Guéant n'a fait qu'exécuter les ordres de son supérieur, sans bénéficier personnellement des fonds litigieux. « Mon client n'est pas un affairiste, c'est un fonctionnaire qui a suivi les instructions de son ministre de l'Intérieur de l'époque », a plaidé Me Bouchez El Ghozi.

Un réquisitoire contre l'ancien président

La défense de Guéant a également mis en cause le rôle de Nicolas Sarkozy dans l'organisation du voyage à Tripoli en 2005, qui aurait été le point de départ des négociations avec le régime de Mouammar Kadhafi. « C'est M. Sarkozy qui a voulu ce voyage, c'est lui qui a rencontré Kadhafi, c'est lui qui a promis une normalisation des relations », a martelé l'avocat. Selon lui, Claude Guéant n'était qu'un exécutant zélé, et non un décideur.

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Cette stratégie de défense vise à déplacer la responsabilité sur Nicolas Sarkozy, qui comparaît également dans ce procès pour corruption, financement illégal de campagne et association de malfaiteurs. L'ancien président, qui a toujours nié les faits, pourrait être confronté à des peines lourdes si les accusations se confirment.

Un procès sous haute tension

Le procès, qui se tient devant le tribunal correctionnel de Paris, est suivi avec une attention particulière par les médias et l'opinion publique. Il met en lumière les soupçons de collusion entre l'ancien pouvoir français et le régime libyen, notamment via des transferts d'argent suspects. Claude Guéant, âgé de 78 ans, risque jusqu'à 10 ans de prison et une amende de 750 000 euros.

Les débats doivent se poursuivre pendant plusieurs semaines, avec l'audition de nombreux témoins et experts. La défense de Guéant espère que la lumière sera faite sur le rôle exact de chacun, et que son client ne sera pas le seul à payer pour des décisions qui, selon elle, ont été prises au plus haut niveau de l'État.

En attendant, les proches de Claude Guéant restent confiants. « Il est serein, il sait qu'il n'a rien à se reprocher », a déclaré son épouse à la sortie de l'audience. Une sérénité que ne partage pas Nicolas Sarkozy, qui voit dans cette défense une tentative de le faire tomber à la place de son ancien bras droit.

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