Un procès sous haute tension pour un double meurtre attribué à la DZ Mafia
Dans le box des accusés, ils sont cinq à faire face à la justice, un sixième étant toujours en fuite. Jugés pour un double meurtre en bande organisée perpétré il y a sept ans dans un hôtel de la zone commerciale de Plan de campagne à Cabriès, les individus surnommés « Mamine », « Gaby », « Le Rent » et deux autres acolytes prennent place pour trois semaines d’un procès qui commence dans une atmosphère électrique. Les mesures de sécurité extrêmement renforcées, avec dix membres des forces de l’ordre cagoulés, ne suffisent pas à expliquer cette tension palpable dès les premières minutes.
Des accusés au comportement provocateur
Dès son entrée dans la salle d’audience, Amine Oualane interpelle violemment la presse, affirmant peu après par son avocate qu’une journaliste l’aurait pris en photo, allégation rapidement démentie. Les accusés, suspectés d’être des criminels de haut rang au sein de la DZ Mafia, organisation quasi hégémonique à Marseille, sont placés derrière des parois vitrées les séparant de leurs avocats. Pourtant, malgré leur détention dans des quartiers de haute sécurité (QLCO) avec isolement et fouilles poussées pour empêcher toute communication extérieure, ils bavardent tranquillement, affichant même des sourires.
La présidente de la cour d’assises doit les rappeler à l’ordre à plusieurs reprises, menaçant l’un d’eux d’exclusion. Pendant la lecture du rapport sur les faits, deux présumés cadres de la DZ, épaule contre épaule, baissent la tête pour disparaître derrière le box et continuent leurs échanges, laissant planer le mystère sur leurs discussions.
Demande de huis clos rejetée malgré les incidents
Signe de la sensibilité du dossier, plusieurs témoins tentent de se récuser, et des parties civiles se désistent. S’appuyant sur l’incident de la photo présumée, Me Christine D’Arrigo, avocate de Gabriel Ory, demande le huis clos, dénonçant une couverture médiatique « intense et même intrusive » et un « vacarme assourdissant ». Elle craint que les examens de personnalité des accusés n’alimentent cette pression, arguant que témoins et experts ne pourraient s’exprimer librement. Sa demande est rejetée par la cour.
Me D’Arrigo plaide également pour une disjonction du cas de son client, critiquant les conditions des QLCO qui « rongent petit à petit les droits de la défense » en réduisant les parloirs et en imposant des fouilles strictes, comme le portique à ondes millimétriques qui l’a empêchée de voir son client à une reprise. Cette requête est également refusée, Gabriel Ory sera jugé avec les autres accusés.
Des débats perturbés par les accusés
En fin de journée, vers 19 heures, alors que la présidente s’apprête à faire entendre l’enquêteur de personnalité de Gabriel Ory, ses avocats demandent un report, estimant l’accusé dans un état inapproprié. Ce dernier s’emporte, se lève et tente de quitter la salle, imité par trois voisins de box. La présidente tente de ramener le calme, mais Amine Oualane l’apostrophe : « C’est les mamans qui donnent des ordres. Donnez pas des ordres. »
Après une suspension de séance, deux accusés, dont Gabriel Ory, refusent de revenir dans le box. La présidente souligne alors que cette attitude obstructive ne sert pas leurs intérêts et avertit qu’elle ne ralentira pas davantage les débats pour la suite du procès, prévu pour durer trois semaines.



