Procès de Rima Hassan pour apologie du terrorisme renvoyé en octobre
Procès de Rima Hassan renvoyé en octobre

Le procès pour apologie du terrorisme de l’eurodéputée LFI Rima Hassan, qui devait se tenir mardi à Paris, a été renvoyé aux 19 et 20 octobre à la demande de la défense. L’élue est poursuivie pour un tweet publié en mars évoquant Kōzō Okamoto, l’un des auteurs de l’attentat de l’aéroport de Tel-Aviv en 1972, qui avait fait 26 morts. Des centaines de soutiens se sont rassemblés devant le tribunal correctionnel.

Un renvoi demandé par la défense

Me Vincent Brengarth, avocat de Rima Hassan, a demandé le renvoi dès l’ouverture du procès, dénonçant « un déferlement de constitutions de parties civiles […] qui produisent des arguments, qui produisent des pièces nouvelles dans le but d’obtenir la condamnation de Rima Hassan ». Le ministère public et les avocats de la dizaine de parties civiles s’y sont opposés, mais le tribunal a accédé à la demande de la défense.

« C’est une première victoire parce que c’est un désaveu significatif pour les parties civiles. Elles ont tenté de produire leurs arguments au dernier moment, elles ont tenté de le faire en violation des droits de la défense », a déclaré Me Brengarth à la sortie de la salle d’audience.

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Le tweet au cœur de l’accusation

La justice reproche à Mme Hassan un post publié sur son compte X fin mars dans lequel elle mentionnait le Japonais Kōzō Okamoto, l’un des auteurs de l’attaque perpétrée à l’aéroport de Tel-Aviv en 1972, qui avait tué 26 personnes. Ce tweet, ensuite supprimé, avait été signalé au parquet par le ministre de l’Intérieur, puis par l’Organisation juive européenne (OJE) et la Licra.

L’élue, qui a quitté le tribunal sans faire de déclaration, sera jugée les 19 et 20 octobre.

Une forte mobilisation de soutien

À la mi-journée, des centaines de personnes se sont rassemblées sur le parvis du tribunal correctionnel pour soutenir l’eurodéputée, dont plusieurs députés LFI, le leader du mouvement Jean-Luc Mélenchon, et le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko, ont constaté des journalistes de l’AFP. La foule compacte agitait des drapeaux palestiniens et des pancartes à l’effigie de Rima Hassan.

L’élue insoumise a dénoncé la « répression » subie par les défenseurs de la cause palestinienne et appelé « à faire bloc », « pour la démocratie, pour l’Etat de droit et pour la liberté d’expression ».

Brigitte, architecte de 63 ans, a expliqué à l’AFP s’être déplacée pour « soutenir une femme courageuse et travailleuse », mais surtout pour protester contre « ces anathèmes qui essayent de flinguer la gauche ». Plus de 200 personnalités avaient signé une tribune publiée dimanche dans L’Humanité en soutien à l’eurodéputée, dont la Prix Nobel de littérature Annie Ernaux et l’ex-ministre Christiane Taubira.

Les autres procédures judiciaires

Le placement en garde à vue de Rima Hassan le 2 avril avait eu un fort retentissement politico-médiatique. Me Brengarth avait dénoncé une garde à vue « parfaitement illégale » en raison d’« un dévoiement de la procédure en flagrance par le parquet » pour « contourner » son immunité parlementaire. Des fuites dans la presse avaient fait état de la présence de drogue de synthèse dans son sac, mais l’enquête sur une éventuelle détention de stupéfiants l’avait démentie par la suite. L’élue franco-palestinienne a porté plainte, dénonçant une violation du secret de l’enquête.

Dans le cadre de deux autres procédures, Rima Hassan doit également comparaître le 16 septembre pour les chefs d’« apologie publique de crime ou délit » et « provocation publique et directe non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit ».

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