L'ancien ministre espagnol José Luis Ábalos jugé pour corruption liée aux masques Covid
Procès d'Ábalos pour corruption des masques Covid en Espagne

L'ancien ministre espagnol José Luis Ábalos face à la justice pour des contrats de masques irréguliers

En Espagne, le procès pour corruption de l'ancien ministre socialiste José Luis Ábalos, autrefois figure centrale du gouvernement de Pedro Sánchez, s'est ouvert mardi devant le Tribunal suprême de Madrid. Cette affaire, liée à des contrats irréguliers de vente de masques pendant la pandémie de Covid-19, met en difficulté les socialistes qui se sont toujours présentés comme exempts de malversations.

Un procès qui secoue le gouvernement socialiste

L'audience, portant sur des faits de détournement de fonds, de trafic d'influence et d'appartenance à une organisation criminelle, a débuté à 10h15 au Tribunal suprême, la plus haute juridiction du pays. Le procès, qui devrait durer environ deux semaines, intervient alors que le gouvernement socialiste est au pouvoir depuis huit ans, arrivé à la faveur d'une motion de censure contre l'exécutif de Mariano Rajoy.

José Luis Ábalos, en détention provisoire depuis novembre 2025, est jugé aux côtés de son ex-conseiller Koldo García et de l'homme d'affaires Víctor de Aldama. Pour le parquet, le trio formait un 'pacte criminel' visant l'enrichissement personnel, en utilisant la fonction d'Ábalos pour favoriser l'attribution de marchés à des entreprises liées à Aldama.

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Des témoignages accablants et des dénégations

L'audience a débuté avec la lecture des témoignages de la présidente du Congrès des députés Francina Armengol et du ministre Víctor Torres, deux socialistes de longue date. Tous deux ont nié avoir mal agi ou avoir commis des délits. À la barre, le frère de Koldo García, Joseba García, a indiqué avoir été chercher 'au moins deux fois' des enveloppes contenant de l'argent au siège du Parti socialiste, afin de les remettre à son frère.

Interrogée à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement, la ministre Elma Saiz, a expliqué que le parti avait 'agi' pour rétablir la 'confiance' et que 'personne ne peut prévoir le comportement de toutes les personnes qui nous entourent'. 'Laissons la justice faire son travail', a-t-elle déclaré.

Un contexte politique tendu

Ce procès se tient après plusieurs déroutes électorales pour les socialistes et alors qu'approche le scrutin régional du 17 mai en Andalousie. L'opposition s'est saisie de ce scandale pour réclamer la démission de Pedro Sánchez, dont plusieurs proches collaborateurs sont également inculpés. Le secrétaire général du PP a estimé que 'la corruption du PSOE était aujourd'hui sur le banc des accusés', reprochant au Premier ministre d'avoir soutenu les accusés en privé avant de nier tout lien en public.

Le scandale de la 'Bande de la Peugeot'

Le scandale est d'autant plus fâcheux pour le parti au pouvoir que l'enquête a mis au jour des enregistrements audio, révélés par la presse, dans lesquels les accusés échangeaient dans un langage cru à propos de rencontres organisées avec des prostituées. José Luis Ábalos, Koldo García et Santos Cerdán ont joué un rôle décisif dans le retour de Pedro Sánchez à la tête du Parti socialiste en 2017, lors de la 'tournée de la Peugeot', ce qui leur vaut le surnom de 'Bande de la Peugeot'.

Pedro Sánchez affirme qu'il ignorait totalement les activités visées par l'enquête et nie que le PSOE ait bénéficié d'un financement illégal. Après la mise en examen de Santos Cerdán, il a présenté ses excuses aux citoyens et a pris ses distances avec les accusés. Le Premier ministre devra faire face à d'autres fronts judiciaires : son frère David doit être jugé fin mai pour trafic d'influence présumé et son épouse, Begoña Gómez, est inculpée dans une affaire distincte de corruption.

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