Procès des CRS: les interrogatoires se poursuivent après la diffusion d'images chocs des violences contre les gilets jaunes
Procès CRS: interrogatoires après images chocs gilets jaunes

Procès des CRS pour violences contre les gilets jaunes: les interrogatoires se poursuivent avant l'audition des parties civiles

Neuf CRS sont actuellement jugés au tribunal correctionnel de Paris pour avoir violemment matraqué des manifestants dans un Burger King lors du mouvement des gilets jaunes en décembre 2018. Le procès, qui a débuté hier, se poursuit jusqu'à ce jeudi, avec des interrogatoires des prévenus ce matin avant la prise de parole des parties civiles prévue cet après-midi.

Des images chocs diffusées en audience

Hier, la défense a diffusé dans la salle d'audience une vidéo d'environ sept minutes compilant des images tournées durant l'acte III des gilets jaunes à Paris. On y voit des voitures pillées, des manifestants regroupés sous l'Arc de Triomphe, le ciel saturé par les gaz lacrymogènes, des forces de l'ordre prises à partie et le difficile maintien de l'ordre.

Cette vidéo a provoqué une réaction de Me Arié Alimi, avocat des parties civiles, qui a "pris ses excuses" au tribunal pour ne pas avoir pu fournir de "contre-propagande", selon ses propres termes.

Les CRS témoignent de "l'enfer vécu"

À la barre hier, les CRS ont décrit "l'enfer vécu" lors de cette journée de manifestations, considérée comme l'une des plus difficiles du mouvement des gilets jaunes en termes de maintien de l'ordre. "J'ai eu peur tout au long de cette journée", a répété l'un d'entre eux, Tommy P., ajoutant: "Si on avait pu faire autrement, on l'aurait fait."

Laurent-Franck Lienard, avocat de la défense, a insisté sur les conditions extrêmes: "Pendant 14 heures, ils ont combattu. Ils n'ont pas mangé, ils n'ont pas bu, ils ne se sont jamais assis, avec un équipement de 25 à 30 kilos sur le dos. Ils disent simplement 'à ce moment-là, on n'en pouvait plus, on était exsangue'."

Des peines pouvant aller jusqu'à sept ans de prison

Les neuf policiers encourent des peines sévères pouvant aller jusqu'à sept ans de prison et 100.000 euros d'amende. Leur procès intervient plus de cinq ans après les faits, qui avaient provoqué une vive émotion et de nombreuses critiques sur les méthodes de maintien de l'ordre.

Cet après-midi, les parties civiles puis les témoins seront entendus. Parmi ces derniers figure un commandant qui avait demandé à être mis en examen au cours de l'instruction, mais dont la juge avait estimé que la responsabilité pénale ne pouvait être engagée.

Le procès se déroule dans un contexte où les violences policières lors du mouvement des gilets jaunes continuent de faire débat, avec plusieurs affaires similaires ayant donné lieu à des procédures judiciaires. Les audiences de ces deux prochains jours devraient permettre d'éclaircir les circonstances exactes de cette intervention controversée dans le fast-food parisien.