Procès d'Avignon : une mère jugée pour le meurtre de ses deux bébés retrouvés congelés
Procès Avignon : mère jugée pour meurtre de bébés congelés

Le procès d'une mère accusée du meurtre de ses deux bébés s'ouvre à Avignon

Le procès d'Aurélie Samperez, âgée de 44 ans, s'est ouvert ce jeudi 19 mars 2026 devant la cour d'assises du Vaucluse, à Avignon. Cette mère de famille, originaire de Bédoin, est jugée pour le meurtre de ses deux nouveau-nés, dont les corps ont été découverts dans le congélateur de son domicile en 2022. Les débats sont prévus jusqu'au 27 mars, attirant l'attention sur une affaire judiciaire complexe et tragique.

Les faits : deux bébés retrouvés dans un congélateur

En décembre 2022, les gendarmes ont perquisitionné la maison d'Aurélie S. à Bédoin, un village de 3 200 habitants situé au pied du Mont Ventoux. L'intervention faisait suite à un appel de l'ami de sa fille cadette, alors âgée de 16 ans, qui avait signalé la présence d'un bébé dans le congélateur. Sur place, les militaires ont découvert deux nouveau-nés de sexe féminin, enveloppés dans un sac de courses, un drap beige et une couverture rose.

Les expertises médico-légales ont révélé que le premier bébé, né en mars 2018, avait vécu quelques jours et avait été nourri avant de décéder des suites d'un traumatisme crânien. Le deuxième nourrisson est mort très peu de temps après l'accouchement, en raison d'une absence de soins à la naissance, notamment parce que son cordon ombilical n'a pas été sectionné.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La défense : des accidents et un désir de garder les bébés près d'elle

Aurélie S., mère au foyer sans emploi, nie toute intention infanticide. Selon son avocate, Me Charlotte Brès, elle maintient une version constante des événements : le premier bébé serait mort d'une chute dans les escaliers quelques jours après sa naissance, tandis que le deuxième aurait succombé à un accouchement difficile, survenu dans un contexte de déni total de grossesse.

L'accusée a expliqué aux enquêteurs qu'elle avait placé les corps dans le congélateur pour les garder près d'elle, évoquant un désir de leur offrir une sépulture. Elle les appelait affectueusement "les poupées" et a déclaré : "je n'allais pas les donner aux cochons du Mont Ventoux". Concernant le premier bébé, elle a dit à ses trois filles qu'elle l'avait "donné à l'adoption", masquant ainsi la réalité.

Un passé difficile et des relations familiales tendues

Lors des expertises psychiatriques, Aurélie S. a confié avoir été violée par un cousin dans son enfance, et avoir toujours vécu des relations amoureuses chaotiques, parfois violentes. Élevée dans une famille "aimante" mais stricte, avec une éducation religieuse, son parcours personnel est marqué par des traumatismes.

Ses trois filles, qui sont parties civiles dans ce procès, dénoncent des violences à leur encontre et ont rompu tout lien avec leur mère. Leur avocate, Me Delphine Galan Daymon, souligne que ce dossier se distingue des affaires similaires, car les filles "ne viennent pas en soutien de leur mère". Par ailleurs, Me Jean-Marc Geiger, représentant le père et une partie de la famille du premier nourrisson, critique fermement l'accusée, affirmant qu'elle "ne reconnaît rien du tout" et a "menti absolument sur tout".

Un suivi médical erratique et des grossesses multiples

Aurélie S. a connu huit grossesses au total, dont un accouchement sous X et un avortement. Son suivi médical a été décrit comme très erratique, voire inexistant pour certaines de ces grossesses. Cette situation a contribué à la complexité de l'affaire, soulevant des questions sur la prise en charge des femmes en difficulté.

Le procès se poursuit à Avignon, où la cour d'assises du Vaucluse examinera les preuves et les témoignages pour déterminer la responsabilité de l'accusée. Cette affaire met en lumière des enjeux de justice, de santé mentale et de protection de l'enfance, dans un contexte rural et familial déchiré.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale