Prison de Nîmes : avocats dénoncent des conditions indignes dans l'ancien bâtiment
Prison de Nîmes : conditions indignes dénoncées par les avocats

Des conditions de détention alarmantes à la maison d'arrêt de Nîmes

La bâtonnière du barreau de Nîmes, Me Séverine Moulis, et Me Baptiste Scherrer, membres du conseil de l'ordre, ont effectué une visite de la maison d'arrêt de Nîmes le 1er avril dernier. Leur constat est sans appel : les conditions de détention dans l'ancien bâtiment sont indignes et préoccupantes. Les deux avocats prévoient de saisir le tribunal administratif de Nîmes, rappelant que l'État a déjà été condamné par le passé sans que la situation ne s'améliore véritablement.

Un constat accablant sur l'état de décrépitude

Me Séverine Moulis, spécialisée en droit civil, n'avait pas pénétré dans la prison depuis une trentaine d'années. Elle décrit un état de décrépitude épouvantable dans le bâtiment ancien, contrastant avec la nouvelle extension inaugurée en août 2025, qualifiée de propre et fonctionnelle. Les avocats ont rencontré six détenus partageant une même cellule, vivant dans une promiscuité extrême. Une fuite d'eau au plafond persistait, simplement contenue par des sacs plastiques. Un détenu, incarcéré depuis deux ans, a confié n'être sorti qu'une dizaine de fois par crainte des menaces et violences. Des incidents récents, comme un incendie dans une cellule voisine et le décès suspect d'un jeune détenu, ajoutent à l'atmosphère angoissante.

Des activités réduites et un désœuvrement croissant

Les activités et sorties des détenus ont diminué depuis l'interdiction par le ministre Gérald Darmanin des permissions de sortir pour des activités sportives ou culturelles. Cette mesure a été annulée par le Conseil d'État le 19 mai. Les avocats notent une hausse des consultations médicales, attribuée au désœuvrement. Par ailleurs, un tiers des détenus de la maison d'arrêt souffriraient de troubles mentaux, sans augmentation des moyens médicaux malgré l'ouverture du nouveau bâtiment.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Quelques points positifs et pistes d'amélioration

La boulangerie de la prison, qui forme des détenus au CAP et produit son propre pain, est saluée comme une initiative réussie. Cependant, un manque de partenariats avec des entreprises limite les opportunités professionnelles. Un avocat du conseil de l'ordre a proposé des ateliers pour aider les détenus à s'exprimer en public. Le nouveau bâtiment, bien que moderne et équipé d'une nurserie pour les mères avec nourrissons, reste une prison avec des murs en béton et des barbelés.

Un appel urgent à la rénovation

Dans leur rapport, Mes Moulis et Scherrer décrivent un climat d'angoisse et de peur, une promiscuité et une oisiveté qui confinent les détenus physiquement et psychiquement. Ces conditions affectent également le personnel. Ils concluent que la privation de liberté ne doit pas s'accompagner de conditions inhumaines et dégradantes, et appellent à des travaux de rénovation urgents. « Il est urgent que le passage par la prison permette de repartir avec un projet de vie », insistent-ils. Le rapport complet est disponible sur le site des avocats du barreau de Nîmes.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale