Perquisitions à l'Institut du monde arabe dans le cadre de l'enquête sur Jack Lang
Des perquisitions étaient en cours ce lundi à l'Institut du monde arabe (IMA) à Paris et dans d'autres lieux, dans le cadre de l'enquête visant l'ancien ministre Jack Lang pour ses liens financiers présumés avec Jeffrey Epstein. Pascal Prache, procureur national financier, a confirmé ces opérations dans un communiqué officiel.
Une enquête pour blanchiment de fraude fiscale aggravée
Le parquet national financier (PNF) a ouvert le 6 février une enquête pour soupçons de blanchiment de fraude fiscale aggravée visant Jack Lang et sa fille Caroline Lang. Cette procédure fait suite aux révélations contenues dans les documents judiciaires américains liés à l'affaire Epstein.
Les investigations ont été confiées à l'Office national anti-fraude (ONAF), comme l'a précisé Pascal Prache. Les perquisitions interviennent alors que Jack Lang était en train de faire ses adieux au personnel de l'IMA lors d'une petite cérémonie interne.
Jack Lang cité 673 fois dans les fichiers Epstein
Si aucune charge ne pèse formellement contre Jack Lang à ce stade, les documents rendus publics par la justice américaine mentionnent son nom à 673 reprises dans des échanges avec Jeffrey Epstein. Ces fichiers révèlent des liens d'intérêt significatifs entre l'ancien ministre et le criminel sexuel et financier américain.
Dans son discours d'adieu, Jack Lang a déclaré : « Je me réjouis que la justice financière se mette en branle », sans faire référence explicitement aux perquisitions en cours, selon un journaliste de l'AFP présent sur place.
Les implications pour Caroline Lang
Selon une enquête de Mediapart publiée le 2 février, Caroline Lang a fondé en 2016 avec Jeffrey Epstein une société offshore domiciliée aux îles Vierges américaines. À la suite de ces révélations, elle a immédiatement démissionné de son poste de déléguée générale du Syndicat de la production indépendante (SPI).
Le gouvernement français a salué dimanche dernier la démission de Jack Lang de la présidence de l'IMA après l'ouverture de l'enquête du PNF. Les services d'Emmanuel Macron avaient demandé à l'ex-ministre socialiste de 86 ans de « penser à l'institution » qu'il dirigeait.
Les dénégations de Jack Lang
L'ancien ministre de la Culture, célèbre notamment pour avoir lancé dans les années 80 le concept de la Fête de la musique, a assuré que les accusations portées à son encontre étaient « infondées » dans un communiqué transmis à l'AFP. « Les accusations portées à mon encontre sont inexactes et je le démontrerai », a-t-il aussi insisté dans un courrier adressé au ministre des Affaires étrangères, dont dépend l'IMA.
Ces développements surviennent après la publication des dossiers américains sur l'affaire Epstein le 30 janvier, qui ont mis en lumière les connexions internationales du réseau du financier américain.



