L'anesthésiste Frédéric Péchier reste en détention, sa demande de liberté rejetée par la justice
Péchier : demande de liberté rejetée, maintien en détention confirmé

La demande de remise en liberté de Frédéric Péchier est rejetée par la justice

La justice a officiellement rejeté, ce mercredi 11 février, une demande de remise en liberté déposée par l'anesthésiste Frédéric Péchier. Condamné en décembre à la réclusion criminelle à perpétuité pour 30 empoisonnements, dont 12 ont entraîné la mort, il souhaitait sortir de prison afin de mieux préparer son procès en appel. Cette information a été confirmée par l'Agence France-Presse (AFP) auprès des avocats de la défense et des parties civiles.

Une décision de la chambre de l'instruction de Besançon

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon a ainsi refusé la requête de l'accusé, âgé de 54 ans. Son avocat, Randall Schwerdorffer, ainsi que Frédéric Berna, l'un des avocats représentant les parties civiles, ont tous deux indiqué à l'AFP que la demande avait été rejetée. Frédéric Péchier, qui n'avait jamais été incarcéré pendant l'instruction et avait comparu libre lors de son procès initial – une situation exceptionnelle compte tenu de la gravité des charges –, avait déposé cette demande dès le jour de sa condamnation, le 18 décembre.

Les raisons du maintien en détention

Selon une source judiciaire, le ministère public avait requis le maintien en détention de Frédéric Péchier pour plusieurs motifs essentiels. Il s'agissait d'éviter tout risque de suicide, de fuite ou de pression sur les témoins, et également parce que sa remise en liberté pourrait troubler l'ordre public. Frédéric Berna, avocat de plusieurs parties civiles, avait exprimé avant la décision que « on ne peut pas envisager que Péchier se balade comme ça tranquillement, libre, dans Besançon et continue à toiser les victimes ». Il a également souligné que la détention se justifiait « ne serait-ce que pour s'assurer de sa présence au procès en appel et pour le protéger, lui ».

Contexte du procès et des faits

À l'issue d'un procès de trois mois et demi chargé en émotion, la cour d'assises du Doubs avait reconnu Frédéric Péchier coupable d'avoir, entre 2008 et 2017, empoisonné 30 patients dans deux cliniques de Besançon. Parmi ces victimes, 12 sont décédées. Les faits consistaient à polluer des poches de perfusion avec divers produits pour provoquer des arrêts cardiaques ou des hémorragies, dans le but de nuire à des soignants avec lesquels il était en conflit. Depuis sa mise en examen début 2017, le médecin avait été placé sous contrôle judiciaire et contraint de quitter Besançon pour vivre chez ses parents à Poitiers.

Préparatifs pour le procès en appel

Le lieu et la date du nouveau procès en appel ne sont pas encore fixés. L'organisation est compliquée par le grand nombre de parties civiles, près de 200. La cour d'appel de Besançon a demandé une dérogation pour que ce dossier hors norme soit jugé dans la même ville qu'en première instance, ce qui n'est pas prévu par les textes. Une telle exception permettrait à un maximum de parties civiles d'assister aux débats, comme l'a fait valoir Me Berna. Cependant, les avocats de Frédéric Péchier préféreraient que le procès se tienne à Paris ou à Lyon, arguant que « il ne peut pas y avoir de procès équitable à Besançon », selon Me Schwerdorffer.

Risques personnels et historique

Par le passé, Frédéric Péchier a tenté à deux reprises de mettre fin à ses jours, en 2014 et 2021, ce qui renforce les préoccupations concernant sa sécurité et justifie en partie le maintien en détention. La justice continue donc de surveiller de près cette affaire complexe, alors que les préparatifs pour l'appel avancent lentement.