La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Montpellier a infirmé, il y a quelques jours, l'ordonnance de non-lieu prononcée en décembre 2025 dans l'affaire Kim Lavaud. Cette jeune Héraultaise de 24 ans, décédée du paludisme en juin 2021 lors de sa mission à l'ambassade de France en Angola, voit son dossier relancé. L'instruction reprend, une décision qui redonne espoir à ses parents, Christel et François Lavaud, habitants de Saint-Jean-de-Védas.
Une décision qualifiée de « retournement de situation »
« On est heureux, cela nous redonne espoir », ont réagi Christel et François Lavaud, qui attendent toujours que les responsabilités soient établies dans la mort de leur fille. Leur avocat, Me Mikaël D'Alimonte, a salué une décision rare : « C'est un énorme retournement de situation. Obtenir une infirmation totale d'une ordonnance de non-lieu, avec un changement de magistrat, n'est ni commun ni anodin. »
Selon l'avocat, la chambre de l'instruction a relevé des manquements dans les investigations initiales. « Le constat est clair : les investigations nécessaires n'ont pas été faites », a-t-il estimé, dénonçant « un manque d'action assez flagrant, presque vexatoire vis-à-vis des parties civiles, alors qu'il y avait, au bout, le décès d'une jeune fille de 24 ans ».
Les circonstances du décès de Kim Lavaud
Kim Lavaud était en poste pour 18 mois en tant qu'adjointe au chef du service économique de l'ambassade de France à Luanda. Volontaire internationale, elle était placée sous l'égide du ministère de l'Économie et des Finances. Dans les jours précédant son décès, elle souffrait de maux de tête, de fièvre et de vomissements. Elle est décédée dans une clinique de la capitale angolaise des suites d'une crise de paludisme aiguë, avant d'avoir pu être évacuée. L'avion qui devait la transporter vers un service de réanimation en Afrique du Sud n'est pas arrivé à temps.
En janvier dernier, au moment d'annoncer leur appel, les parents de Kim avaient dénoncé un manque de protocole : « On veut comprendre ce qui n'a pas fonctionné. Une jeune fille en très bonne santé qui travaille pour une ambassade ne doit pas mourir en une semaine sans qu'aucun protocole ne soit mis en place. »
Une longue phase d'investigations à venir
La reprise de l'instruction marque un tournant. « On repart quasiment de zéro, pour une longue période d'investigations », a expliqué Me D'Alimonte. Dans son arrêt d'une cinquantaine de pages, la chambre de l'instruction a « relevé toutes les incohérences et énumère tout ce qui n'avait pas été fait, donnant ainsi une sorte de canevas à la nouvelle juge d'instruction », selon l'avocat, qui précise que ces actes avaient été demandés par la partie civile. « Aujourd'hui, c'est une lueur d'espoir pour cette famille », a-t-il ajouté.
Un long travail d'auditions auprès des différents protagonistes s'annonce. « Il faut s'armer de patience. Entendre un ambassadeur ou un consul demande une vraie préparation. C'est un terrain assez technique », a prévenu Me Mikaël D'Alimonte. « De plus, nous avons parfaitement conscience qu'un dossier comme celui-ci n'est pas toujours prioritaire », a-t-il conclu, alors que l'information judiciaire est ouverte pour homicide involontaire.



