Le conseil municipal d'Ollioules a de nouveau été le théâtre d'un vif débat, ce mardi soir, autour de la cession d'une propriété reçue en héritage par la commune. La vente, d'un montant de 600 000 euros, au groupe Suprana pour un programme tourné vers l'enfance et la petite enfance a suscité une forte mobilisation de l'opposition, qui dénonce le projet d'installation d'une école hors contrat.
Un legs de 2017 toujours source de discorde
Le legs de Cécile Beckeric-Fraisse, décédée en 2017, d'une maison d'habitation d'environ 92 m² sur un terrain de 2 738 m², situé au 134 avenue Jean-Monnet, avait été accepté lors du conseil municipal du 27 janvier 2020. Plus de six ans après, la destination de ce bien continue de diviser les élus.
Une première tentative de vente, en juillet 2025, pour 900 000 euros, avait été suspendue après un recours gracieux des élus de la liste Alternative de la gauche et des écologistes auprès du préfet du Var, le 12 septembre 2025. Le préfet avait alors évoqué un "risque juridique" lié à des activités annexes, aujourd'hui abandonnées.
Un nouveau projet recentré sur l'enfance
La première adjointe Laetitia Quilici a présenté la nouvelle délibération, élaborée pour répondre aux exigences du legs et aux critiques précédentes. Le groupe Suprana, seul candidat au nouvel appel d'offres, propose désormais un projet entièrement dédié à l'enfance et à la petite enfance, associant deux acteurs.
D'une part, AFL Transition prévoit la création d'une pouponnière de 8 places sur 300 m², complétée par un espace Enfance et familles. D'autre part, le Cours Eric-Tabarly, membre du réseau Espérance banlieue, souhaite transférer son établissement toulonnais pour créer une école de onze classes, de la maternelle au collège, sur 100 m² de surface au plancher, pouvant accueillir 150 à 160 élèves. Le projet prévoit également l'aménagement de 34 places de stationnement extérieur.
Le prix de cession inférieur à l'estimation domaniale
Le pôle domanial avait estimé la valeur du bien à 800 000 euros le 26 mars 2025, soit 200 000 euros de plus que le prix de cession. Laetitia Quilici a justifié cette différence par les contraintes liées au legs : "La commune est tenue de respecter la volonté exprimée par Mme Fraisse qui impose la création d'une 'maison destinée à la petite enfance'. Des contraintes qui réduisent fortement les possibilités de valorisation du bien."
Le maire Robert Bénéventi a ajouté : "La principale critique du préfet, qui avait évoqué l'existence d'un 'risque juridique', portait sur des activités annexes aujourd'hui abandonnées. Le nouveau programme s'inscrit dans l'esprit du legs. L'unique héritier a exprimé son soutien au projet."
L'opposition saisit le tribunal administratif
Malgré ces arguments, l'opposition reste inflexible. Muriel Bovis (Ollioules avec vous) a exprimé sa désapprobation "à l'installation d'une école hors contrat". Claudie Zunino-Cartereau et Christian Bercovici, de la liste Ollioules autrement, ont annoncé leur intention de saisir le tribunal administratif après le refus de retrait de la délibération.
Les opposants ont déployé des arguments juridiques, estimant que "la dimension du projet ne répond pas aux dernières volontés de Mme Fraisse et est donc illégal". Ils ont également pointé "les différentes enquêtes judiciaires visant le réseau Espérance Banlieue, dont le fondateur est proche des milieux catholiques intégristes".
La délibération a finalement été adoptée à la majorité, mais la controverse risque de se poursuivre devant la justice administrative.



